En cinquième vitesse

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S’il est possible de manipuler les
chiffres pour leur faire dire ce que l’on
souhaite, les réalisations sur le terrain,
elles, ne mentent pas. Dans le processus
d’industrialisation d’une économie,
ces réalisations se comptent
en milliards d’investissement, en centaines de
créations d’usines et en montée en gamme dans
la chaine de valeur. Aussi faut-il reconnaitre, ou
plutôt simplement constater, que l’industrie marocaine
a connu une réelle métamorphose, tractant
par là même les exportations, tout en rehaussant
leur valeur ajoutée. De l’autre côté du processus
d’industrialisation, en amont, l’investissement est
la variable clé pour maintenir la cadence et inscrire
cette dynamique vertueuse dans le long terme. Il
faut dire que depuis le lancement de la nouvelle
stratégie industrielle, l’effet d’accélération est bien
palpable. Dans ce registre, avec la nouvelle mouture
de la charte d’investissement, nous sommes
sur le point de passer à la cinquième vitesse. En
effet, avec des mesures fortes, comme le fait d’exonérer
d’IS les nouvelles unités industrielles, ou
encore prendre en compte la logique régionale,
injectera indéniablement plus de puissance dans
le moteur du Royaume. D’ailleurs, le Projet de Loi
de Finances 2017 vient formaliser cette orientation
en plaçant la transformation industrielle en tête
des priorités.
Vitesse certes, endurance aussi
Toutefois, force est de souligner que pour les moteurs
modernes, la cinquième n’est pas le rapport
de vitesse ultime, loin de là. En effet, l’industrie
marocaine se doit de maintenir son élan en vue
de passer à la sixième vitesse, voire plus. Surtout
que, la puissance ne fait pas tout. En ce sens où,
des aspects primordiaux doivent également être
entourés des plus grands soins. La recherche, le
développement, l’innovation, l’appui aux petites
et moyennes entreprises ou encore la formation,
sont autant de variables qui accusent encore des
lacunes importantes, et recèlent tout autant de
potentiel d’amélioration. Ce sont effectivement
des leviers structurels qui conditionnent la performance
de notre économie face à la concurrence
mondialisée. Ce sont également des chantiers de
longue haleine et des défis de long terme. Une
épreuve d’endurance qui, outre l’ingéniosité stratégique
et l’efficacité de mise en oeuvre, nécessite
une stabilité et une continuité à l’épreuve du temps
et des secousses politiques.

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