«L’engouement pour le salon de la sous-traitance ne cesse de croître»

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Ttajeddine Bennis, président du collège industrie au Sein de l’amica 

Cette année, le salon de la sous-traitance automobile, clos le 22 avril 2016, a connu la participation de 230 stands et plus de 4.000 professionnels. Un nouveau record pour cet événement qui n’en est qu’à sa troisième édition. Tajeddine Bennis, vice-président de l’AMICA, revient en détail sur ce salon orienté business.

IDM : comment est venue l’idée de créer un salon de la sous-traitance ?

 Tajeddine Bennis : Le salon de la sous-traitance est un rêve qui se réalise. Il est né d’une simple idée lors d’un diner d’affaires qui regroupait plusieurs équipementiers. Au début, on ne faisait que discuter. Puis, au fil des jours, le projet commençait à prendre forme dans nos esprits. Lorsqu’on a couché cela sur papier, c’est devenu évident. Il fallait alors peaufiner le projet puis foncer. C’est qu’on a fait. Maintenant, voyant le résultat, on peut dire qu’on est plus que satisfait. Car, comme vous le savez, il s’agit tout bonnement de réunir au même endroit, c’est-à- dire à tanger Free Zone (tFZ), les sous-traitants, les équipementiers et autres prestataires. Un endroit où les affaires se font. Et ce ne sont pas les opportunités qui manquent.

Pourriez-vous nous en dire plus ?

Maintenance, machines spéciales, formation, logistique… les opportunités d’affaires dans la filière avoisinent les 4 milliards de dirhams par an. Il y a la matière première qui représente 50%, puis les achats d’équipement (30%) sans oublier les services. Un grand nombre de produits qu’on utilise sont importés. Ceci impacte énormément notre compétitivité par rapport à nos concurrents en turquie ou certains pays de l’europe de l’est. C’est d’ailleurs la principale raison de créer ce salon qui vise surtout à mettre en lumière le potentiel d’affaires en sous- traitance de l’industrie automobile du maroc sur un salon de format compact, orienté business. D’où le choix de Tanger Free zone (TFz) comme lieu d’exposition… effectivement. On a choisi Tanger Free Zone (TFZ) parce qu’elle représente le fief de l’industrie automobile au Maroc. Ici, on retrouve la majorité des équipementiers du royaume. Ainsi les responsables achats et techniques mettront moins de 15 minutes pour rejoindre le salon afin de concrétiser les opportunités d’affaires. Après les rencontres sur les stands, les sous- traitants pourront ainsi accéder aux sites de production afin d’approfondir leurs discussions.

Quelles étaient les premières entreprises à faire confiance au salon ?

Énormément surtout qu’il y avait un réel besoin. À ce sujet, je tiens à vous préciser que la première édition a connu la participation de 115 exposants et plus de 3.000 professionnels. une dizaine d’entreprises exposantes ont décidé de s’installer à Tanger Free Zone (tFZ). Ceci veut tout dire. L’engouement pour le salon n’a pas tardé puisque la deuxième édition a vu le nombre d’exposants passer à 180 couvrant tous les métiers de la sous-traitance. Cette édition a, pour sa part, connu la participation de 246 exposants. Ce qui caractérise surtout cette édition, c’est la présence des stands de plusieurs grandes banques de la place. L’enjeu étant bien entendu, de soutenir les projets prometteurs pour les PMEet TPE. l’engouement pour salon ne cesse de croitre.

Qu’en est-il des constructeurs ?

Le Maroc se veut aujourd’hui comme une destination privilégiée pour la sous-traitance automobile. Il y a de plus en plus de constructeurs intéressés de venir s’implanter ici. d’ailleurs, cette édition du salon a été marquée par la présence des équipes de grands constructeurs comme Ford, Volkswagen en plus de celles de PSA et de Renault. Les constructeurs savent aujourd’hui que le royaume possède d’excellentes infrastructures portuaires, routières, plateformes industrielles et de télécommunications. On possède aussi la compétence des ressources humaines. Sans oublier les incitations à l’investissement ainsi que le cadre fiscal très avantageux des zones franches et enfin une administration à l’écoute des professionnels du secteur.

 Où en est la formation des ressources humaines adéquates ?

Avec la signature de la convention avec l’OFPPT l’année dernière, on a pris des engagements pour la formation de nouvelles ressources humaines. On parle de dizaines de milliers de jeunes afin d’atteindre l’objectif des 56.000 emplois d’ici 2020. Les sociétés conventionnées devront aussi proposer des formations pour plusieurs modules au profit des employés. je tiens aussi à vous préciser que notre association (AMICA) est engagée socialement parlant à travers un programme d’insertion d’anciens détenus dans nos usines.

Qu’en est-il du développement de sécosystèmes?

On est sur le bon chemin. L’état d’avancement des projets de création des écosystèmes a récemment été présenté au ministre de l’industrie. L’autorité de tutelle avait, rappelons- le, mis en place des cellules d’animation pour le compte des entreprises bénéficiaires du plan d’accélération. Avec ce salon, on a pu ainsi montrer, à travers un espace d’exposition, les interconnections qui existent aujourd’hui dans le secteur l’industrie automobile. Dans la chaine d’industrialisation, nous retrouvons tous les métiers possibles et imaginables. au niveau industriel, la panoplie couvre l’affinage, les fonderies, l’usinage, l’assemblage mécanique, l’emboutissage, l’assemblage par soudure, le sertissage, le décolletage, les traitements de surface, la peinture, le câblage électrique, l’électronique, l’injection plastique, le textile, l’ébénisterie ou encore les biens d’équipements (machines, emballages, engins de manutention). Au niveau des services, la panoplie couvre l’ingénierie, la logistique, la formation, la maintenance, le contrôle de gestion, la gestion des ressources humaines…etc.

Quels sont vos objectifs en matière de création d’emploi ? 

Au niveau de l’emploi, on peut dire que, sur papier, on n’a pas été vraiment ambitieux. On s’était mis d’accords sur le chiffre de 56.000 emplois crées à l’horizon de 2020. À mi-parcours, on avait tablé sur 22.000 emplois en 2017. Or, à l’heure actuelle, on peut facilement atteindre les 30.000 emplois créés d’ici fin 2017. Ce qui dépasse de loin nos premiers objectifs. On croit énormément au développement des écosystèmes, car c’est la condition sine qua none pour l’ancrage de l’industrie marocaine qui ne peut qu’être bénéfique au climat général des affaires.

Quels sont les moments forts de cette édition ?

Il y a eu l’inauguration du salon sous une pluie printanière dense et intense. Un présage de bons augures. Puis, il y a eu la présence de quatre grands constructeurs. Cette édition a connu une affluence record. Comme c’est un salon professionnel orienté business, il débouchera certainement sur la conclusion de plusieurs contrats et verra la naissance de divers projets. Autres faits marquants, il y a eu l’extension de l’usine snop, l’inauguration d’acom. On est tout simplement dans une forte dynamique qui va dans le sens du plan d’accélération industrielle

Vous vous sentez-vous aujourd’hui confiant en l’avenir du secteur ? 

Et comment ! je pense que le nouveau plan d’accélération industrielle nous a permis d’établir une vision claire et globale pour l’avenir. Ce plan a été tracé avec les professionnels du secteur. Il comprend des investissements et donc de l’emploi et bien entendu, de la création de valeur ajoutée.

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