En plus de la signature de nouveaux contrats de formation plaçant les compétences au cœur de la stratégie de développement du secteur, l’écosystème automobile continue de s’étoffer accueillant de nouveaux équipementiers, alors que d’autres, déjà présents, montent en puissance. L’enjeu est d’anticiper la montée en régime de Renault et le démarrage de l’unité de PSA.

Le secteur de l’industrie automobile est en pleine ébullition. les écosystèmes mis en place par le département de tutelle ont pris forme et les annonces d’investissement se multiplient, sans oublier que l’automobile s’est hissée comme premier secteur exportateur, doublant ainsi les phosphates et dérivés en valeur. Mieux encore, le Maroc semble bien parti pour poursuivre sur cette lancée, et même accélérer la cadence. le secteur automobile n’est pas prêt à lâcher son nouveau titre de champion national des exportations. c’est dans le contexte de cette dynamique vertueuse que s’est tenu à tanger le Salon de la sous-traitance automobile. a cette occasion, Moulay hafid elalamy, Ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’economie numérique; larbi Bencheikh, directeur Général, de l’office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du travail (OFPPT) et hakim abdelmoumen, Président de l’’association Marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (aMica), ont procédé à la signature de deux contrats relatifs à l’offre de formation pour l’accompagnement des écosystèmes automobiles. a cette même occasion, deux équipementiers français de référence ont lancé des investissements dans l’ou- til de production, accompagnant ainsi la montée en puissance de l’industrie automobile marocaine. Acome, SNOP… les équipementiers français au taquet. En effet, entre renault tanger (avec sa montée en régime prévue) et le démarrage de l’unité de PSa, les équipementiers s’activent. de nouvelles références continuent à affluer et d’autres, déjà présentes, montent en puissance. dans ce registre, en marge du Salon, le ministre de tutelle a lancé deux nouveaux projets qui vont venir enrichir l’écosystème automobile tangérois en amont de renault. Il s’agit, d’une part, du lancement, par le Ministre, des travaux de construction d’une nouvelle usine dans la zone franche de tanger, première en afrique, de l’équipementier français acome spécialisé dans la production de câbles automobiles. avec une superficie de 18.000 m2, cette nouvelle unité industrielle mobilise un investissement d’environ 280 Mdh (25 M€) et devrait permettre la création de 150 emplois directs. Sa livraison est annoncée pour le quatrième trimestre de l’année 2016. d’autre part, dans la même lancée, elalamy a présidé l’inauguration de l’extension de l’usine tangéroise de l’emboutisseur français SNOP. cette extension augmente la taille de l’usine d’emboutissage de pièces automobiles de 25%, pour un investissement de plus de 75 Mdh (7 M€). elle est destinée à anticiper la croissance de l’usine en fonction de la montée en cadence de renault, son client principal, tout en permettant l’intégration de nouvelles machines. Le patron de l’équipementier français prévoit déjà une extension supplémentaire, et compte étendre l’activité de l’unité à la production des pièces métalliques découpées et embouties en utilisant un maximum de capacité de production. Les compétences, pierre angulaire du côté de la formation, le premier contrat d’exécution est relatif à l’offre de formation pour l’accompagnement des écosystèmes automobiles. Le second pose les bases d’un modèle de gouvernance des etablissements de Formation Professionnelle de l’OFPPT dédiés à l’automobile. «Ce modèle vise une cogestion de ces établissements pour impliquer directement les industriels dans le processus pédagogique de l’établissement de formation, notamment l’identification des filières; l’élaboration des modules; les stages; …», fait savoir le département de l’industrie. Cette offre de formation globale et intégrée s’inscrit dans le cadre des contrats de performance des écosystèmes automobiles. Elle est axée d’une part sur le rapprochement entre les besoins en profils identifiés par les écosystèmes et l’offre de formation Professionnelle sur la période 2015-2020; et d’autre part sur le développement de la Formation Par alternance (FPA) d’un module de formation en Soft Skills. Elle s’attaque également à l’élaboration par les professionnels d’un module de formation portant sur la «culture automobile», la co-animation de modules de formation par les professionnels et le développement de la formation continue. Le volet des ressources humaines et des compétences constitue en effet une composante charnière dans ce contexte de multiplication de nouveaux sites industriels, avec des besoins grandissants en profils spécialisés et en compétences qua- lifiées. Revenons donc sur cette série d’investissements annoncés qui se sont succédés, depuis le début de l’année, et qui laissent les professionnels du secteur s’attendre à porter la production nationale à 1 million d’unités à l’horizon 2020. Renault, acte II: 20 mmdh de revenu additionnel annuellement. Le constructeur automobile français a signé le 8 avril 2016 à rabat, en présence du souverain, des partenariats avec le Maroc portant à terme sur 10 MMdh d’investissement et 50.000 emplois. Construire un écosystème industriel à part entière est l’objectif de la marque au losange au Maroc. Pour Moulay hafid elalamy, la convention avec le constructeur français «va changer définitivement le secteur automobile au Maroc. Ce projet d’envergure permettra d’ancrer plus en profondeur l’industrie automobile dans le tissu économique du royaume avec 10 milliards de dirhams d’investissement engagés par renault et ses fournisseurs; 50 000 nouveaux emplois permanents; la génération d’un chiffre d’affaire additionnel de 20 MMdh de dirhams par an, issus des achats de pièces fabriquées localement, et un taux record d’intégration locale qui sera porté à 65%. Psa peugeot-Citroën à Kénitra: les travaux démarrent l’été prochain. Avec une production à terme de 200.000 véhicules et de 200.000 moteurs par an, le groupe PSa Peugeot-citroën lance un projet majeur dans le secteur de l’automobile au Maroc. le groupe français s’active pour une ouverture prévue d’ici à 2019 sur un espace de plus de 120 ha. Le site mobilisera un investissement total de 6 MMdh pour une capacité initiale de 90 000 véhicules. cette nouvelle implantation à Kenitra ouvre un champ d’opportunités considérable pour les équipementiers. L’approvisionnement par Peugeot en composants et pièces automobiles produits au Maroc, pour un volume de plus de 10 MMdh par an permettra le renforcement de la chaîne de valeur locale, et ainsi l’accroissement du taux d’intégration pour le porter à terme à 80%. Ce projet favorisera également l’émergence de filières plus innovantes et plus performantes, avec évidement des pers- pectives prometteuses à l’export. Ce projet majeur apportera une précieuse contribution à l’émergence d’un nouveau pôle industriel régional d’excellence dans l’automobile. Ecosystème «moteurs et transmission» : le maroc accède à un club très «select». Dans le cercle très fermé de l’industrie de conception et de construction de moteurs et de systèmes de transmission, l’on recense seulement 31 fabricants et exportateurs de moteurs dans le monde. cet écosystème à haute valeur ajoutée permettra la création de 10.000 nouveaux emplois directs à forte valeur ajoutée et la génération d’un chiffre d’affaires additionnel de plus de 6,5 MMdh. Il contribuera également à l’émergence de métiers pionniers à forte valeur ajoutée comme la fonderie fonte, la fonderie aluminium, l’injection d’aluminium sous pression, l’affinage d’aluminium ou encore l’usinage moteur. l’industrie nationale bénéficiera ainsi de précieux transferts de technologies dans la fabrica- tion de nouvelles pièces et le développement de nouvelles techniques dans le cadre d’un tissu couvrant toute la chaine de valeur automobile.

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