Afrique du Nord : Nécessité de renforcer la coopération pour des emplois durables

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Compte tenu de la situation pandémique actuelle, il est devenu nécessaire de renforcer la coopération régionale entre les pays de l’Afrique du Nord, dans le cadre d’une approche holistique, pour un marché d’emploi efficace et durable, a souligné mardi le Secrétaire Général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Taïeb Baccouche.

S’exprimant lors d’un webinaire intitulé « Marchés du travail en Afrique du Nord : défis structurels, impact du Covid-19 et feuille de route pour faire face à l’après Covid-19 », M. Baccouche a mis en avant l’importance de renforcer la coopération entre les pays de l’Afrique du Nord et l’adoption d’un plan régional intégré et clair pour garantir plus d’efficience et d’efficacité pour le marché d’emploi.

En raison du repli de l’offre et de la demande et de la restriction des échanges économiques et commerciaux, un grand nombre de travailleurs se sont retrouvés au chômage, a fait observer le Secrétaire général, notant que les impacts concrets de cette pandémie ont concerné plus particulièrement le tourisme, le transport, l’industrie, et d’autres secteurs vitaux, aussi bien dans le formel que l’informel.

M. Baccouche a souligné dans ce cadre l’urgence de mettre en œuvre un plan post-relance afin de parvenir à une reprise économique rapide, durable et équitable. Ce plan doit tenir compte des besoins des catégories les plus affectées par la pandémie, à savoir les femmes et les jeunes, en boostant davantage la participation de la femme dans le marché de l’emploi et l’insertion professionnelle des jeunes.

« Ce plan doit également ouvrir la voie aux pays de la région pour accélérer leur croissance et adapter leur plan stratégique au marché du travail, afin d’atteindre les objectifs de développement conformément à l’agenda de l’Union Africaine », a-t-il insisté.

De son côté, le Directeur par intérim du Bureau de la Commission économique pour l’Afrique (CEA)-Afrique du Nord, Khaled Hussein, a souligné que « l’émergence de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus (Covid-19) a affecté les marchés du travail en Afrique du Nord de différentes manières et par différents canaux ».

« Tous les pays de la région ont imposé des restrictions sur les échanges intra et extra communautaires et ceci a eu un impact négatif sur le marché de l’emploi », a-t-il précisé.

Au niveau local, les chocs ont affecté particulièrement les chaînes d’approvisionnement et l’activité commerciale en général. Ces répercussions ont concerné principalement les heures de travail ou encore les salaires des travailleurs, notamment avec l’absence de la couverture sociale pour les catégories les plus vulnérables et les travailleurs du secteur informel en particulier, a-t-il souligné.

En ce qui concerne l’insertion professionnelle, les jeunes se sont confrontés à divers défis. Ceux-ci sont liés à la réduction des opportunités de formation et d’emploi, en particulier pour les nouveaux diplômés, et la multiplication des risques de licenciement pour les personnes handicapées et à faible qualification, a relevé M. Hussein.

Néanmoins, des mesures ont été prises pour atténuer les effets de la Covid-19 en Afrique du Nord sur le marché du travail, a fait observer le responsable, précisant que ces mesures visent à soutenir les entreprises, généraliser la couverture sociale et améliorer la relation entre les patronats et les travailleurs.

Abordant le contexte du marché du travail en Afrique du Nord, le professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech-Maroc, Aomar Ibourk, a estimé que la région est en phase de mutations multiples, caractérisée par une transition démographique avancée accompagnée d’une urbanisation accrue et d’une hausse des besoins en termes d’accès aux services sociaux de base (éducation, santé, couverture sociale..).

Abordant les défis structurels des marchés de travail dans la région, le professeur a fait notamment état de « la forte demande sociale pour l’emploi décent, la faible création d’emplois, l’inadéquation des formations, la sous-utilisation de la force potentielle du travail, et la faible prévalence de l’emploi productif et décent ».

Plusieurs réponses publiques et privées avec des effets directs et indirects sur l’emploi pourraient être développées, a fait savoir l’Universitaire, citant notamment la mise en place de politiques macroéconomiques et de plans sectoriels adéquats. Il s’agit également de l’animation et la régulation du marché du travail, le développement du dialogue social ou encore la promotion des programmes d’emploi.

Organisée par le Bureau de la CEA en Afrique du Nord, cette rencontre virtuelle a été l’opportunité pour les experts de se pencher sur l’impact de la pandémie sur les marchés de l’emploi et particulièrement les catégories de travailleurs vulnérables, à savoir les jeunes, les femmes et les employés du secteur informel.

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