Dans un contexte marqué par une sécheresse persistante et une baisse inquiétante du cheptel national, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, que Dieu Le glorifie, a adressé un message à Son peuple fidèle appelant à l’abstention du rite du sacrifice de l’Aïd Al-Adha cette année. Une décision souveraine qui suscite des interrogations sur ses impacts économiques et sociaux. Mehdi El Fakir, économiste et expert-comptable, nous livre son analyse.

La détérioration de l’état du cheptel marocain est principalement due à une succession d’années de sécheresse. « Cette situation a impacté à la fois la quantité et la qualité du cheptel », explique Mehdi El Fakir. Les conditions d’élevage se sont dégradées, notamment en raison du manque d’eau et de la négligence de cette activité, souvent considérée comme vivrière plutôt que professionnelle. « Depuis 2006, le cheptel a diminué de 38 %, un chiffre alarmant qui reflète l’ampleur de la crise », ajoute-t-il. Cette baisse a entraîné des tensions sur les prix de la viande rouge, atteignant des niveaux historiques.

Impacts de la Décision Royale sur les Marchés Locaux :
La décision royale de ne pas accomplir le rite du sacrifice cette année est, selon Mehdi El Fakir, une mesure « bénéfique et positive pour l’intérêt général ». Elle vise à préserver le cheptel, déjà fragilisé par les conditions climatiques et économiques. « En période de rareté, il est essentiel de protéger les ressources disponibles », souligne-t-il. Cette décision permettra de réduire les pressions sur les prix et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. « Je ne vois aucun impact économique négatif », affirme-t-il,t.

Perspectives à Moyen Terme :
À moyen terme, cette décision pourrait contribuer à rétablir l’équilibre du marché du bétail. « Elle offre une marge de manœuvre pour la reconstitution du cheptel et encourage les éleveurs à se concentrer sur l’élevage à long terme plutôt que sur des cycles courts liés à l’Aïd », explique l’économiste. Cette visibilité permettra également aux autorités de mieux planifier les politiques de soutien au secteur agricole. « C’est une décision clairvoyante de Sa Majesté, prise dans l’intérêt général du pays », conclut Mehdi El Fakir.

Face à une crise sans précédent, la décision royale de suspendre le rite du sacrifice cette année apparaît comme une mesure nécessaire et stratégique. Elle vise à préserver les ressources, stabiliser les prix et soutenir les éleveurs dans une période difficile. Une décision qui, selon Mehdi El Fakir, illustre la clairvoyance et le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Rachid Mahmoudi 

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