Situé à 40 km au nord de Dakhla, sur la baie de Ntireft, le futur méga-port Port Dakhla Atlantique s’impose comme l’un des projets les plus ambitieux du Royaume. Ce port en eaux profondes, dont l’ouverture est programmée pour début 2029 après un achèvement des travaux en 2028, marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement de la façade Atlantique marocaine.
Le projet, d’un coût estimé à environ 12,5 milliards de dirhams, comprendra notamment :
- Une digue maritime d’1,3 km à 85 % de réalisation.
- Un bassin commercial, un bassin dédié à la pêche hauturière, et un terminal réparation navale.
Une route d’accès de 7 km reliant le port à la route nationale N1.L’ensemble est conçu pour accueillir des navires de grand tirant, des terminaux multi-usages et des plateformes industrielles logistiques de nouvelle génération.
Un hub logistique entre Europe, Afrique et Amériques
Le port n’est pas seulement un outil pour le développement local : il vise à jouer un rôle continental et intercontinental. Ainsi :
- Il s’inscrit dans l’Initiative Atlantique du Maroc, qui vise à connecter les pays du Sahel sans littoral à l’Atlantique via des corridors logistiques.
- Il est présenté comme la « nouvelle porte d’entrée de l’Afrique » sur l’océan Atlantique, reliant les marchés d’Afrique de l’Ouest à l’Europe.
- Le positionnement géographique permet aussi un pont vers les Amériques, via l’Atlantique, renforçant la portée trans-océanique du projet.
Enjeux économiques et géostratégiques
- Pour la région de Dakhla-Oued Eddahab, ce port doit stimuler l’activité halieutique, agro-alimentaire, énergétique, et logistique, tout en créant « des milliers d’emplois directs et indirects ».
- Sur le plan géopolitique, il permet au Maroc de renforcer sa profondeur africaine, d’être un acteur de l’intégration Sud-Sud et de proposer une alternative logistique aux flux traditionnels tournés vers la Méditerranée.
- Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement se reconfigurent, ce port représente un levier de souveraineté économique et d’attractivité pour les investissements étrangers.
Défis à relever
- Le chantier, bien avancé mais encore en cours (achèvement prévu fin 2028, exploitation début 2029) nécessite de respecter les délais et de garantir la qualité.
- La coordination avec les infrastructures terrestres (routes, voies ferrées, énergie) sera cruciale pour maximiser les retombées logistiques.
- L’attractivité internationale dépendra de la capacité à mettre en œuvre rapidement des services portuaires efficaces, des zones d’activités industrielles et d’attirer des flux commerciaux substantiels.
Le port de Dakhla Atlantique ne se résume pas à un simple aménagement maritime : c’est un instrument de transformation économique, territoriale et géostratégique. Il positionne le Maroc non seulement comme une interface entre Europe et Afrique, mais comme un acteur majeur d’une connectivité Atlantique renouvelée. À l’horizon 2029, ce port pourrait devenir un véritable pont stratégique entre les continents.








