L’AUSIM, l’Association des Utilisateurs des Systèmes d’Information au Maroc organise, en partenariat avec Orange Maroc, ce jeudi 20mai, un débat exclusivement dédié à la 5G au Maroc portant sur le thème « L’apport de la 5G sur l’acculturation du cloud et la data ». L’événement, qui s’est déroulé en format hybride à l’hôtel Hyatt Regency de Casablanca, a été diffusé en direct sur la chaîne YouTube de l’AUSIM.

L’économie marocaine et la 5G

Au cours de ce débat, l’AUSIM a apporté la lumière sur le déploiement, l’usage, et le fonctionnement de la 5G au Maroc, avec un focus sur la problématique centrale : Comment faire de l’économie marocaine une économie compatible 5G ?

La progression du débat s’est articulée autour de 3 grandes questions, à savoir :

  1. La « 5G » est la cinquième génération de réseaux mobiles, qui succède aux technologies 2G, 3G et 4G. Le 1er temps du débat a permis de mieux comprendre ce qu’est la 5G, et en quoi est-ce une véritable révolution ?
  2. Quelles applications pour quels usages ? Comment la 5G et les objets communicants pourraient bouleverser l’industrie moderne ? La 5G est un exemple de ces nouvelles technologies qui facilitent la mise en place d’applications à base d’objets connectés destinés notamment à transformer le secteur industriel. À l’échelle marocaine quels sont les usages qui font appel aujourd’hui à ce type d’infrastructure ?
  3. Quels sont les défis à relever afin de booster la révolution industrielle en marche ? Quels sont également les risques inhérents qu’on devrait éviter lors du déploiement à grande échelle de ce type de technologie ? Fracture numérique, dette technologique des PME, souveraineté nationale, sécurité et protection des données sont autant de sujets débattus au cours de ce webinaire dédié à l’arrivée de la 5G.

3 experts de haut rang ont animé ce débat passionné !

Pour ouvrir des pistes de réflexion et apporter des réponses concrètes à l’ensemble des participants de ce webinaire, 3 experts ont été invités à intervenir sur le plateau de l’AUSIM. Ce sont en l’occurrence : Mohamed Benouda, Président Fondateur de ABA Capital ; Mohammed Talal, General Manager de La Voie Express et enfin, Mahdi Bouzoubaa, Directeur Marketing et Support à la Vente B2B chez Orange Maroc. Ce débat a été modéré par Salah Baina, Enseignant Chercheur, Facilitateur de Transformation.

5 Promesses attendues avec l’utilisation de la 5G

D’entrée de jeu, Mahdi Bouzoubaa, Directeur Marketing et support à la vente BtoB, chez Orange Maroc a mis l’accent sur les 5 promesses tenues par l’utilisation de la 5G. Selon lui,  en utilisant la 5G on dispose de 5 principales caractéristiques, notamment, « la puissance des débits pour l’amélioration de l’expérience utilisateur, la densité des capteurs qui peuvent gérer beaucoup plus de terminaux par rapport à la technologie 4G, la réduction de la latence, la capacité à proposer une efficacité énergétique bien supérieure et bien plus intéressante que ce qu’on utilise avec la 4G et enfin la qualité des services segmentés ».

Déploiement 5G au Maroc

Concernant le déploiement de la 5G au Maroc, le président fondateur de ABA Capital, Mohamed Benouda, a souligné que le déploiement de cette technologie ne se fera pas avant 2023, mais précise toutefois « que les choses pourraient changer pour avancer la date de lancement de cette nouvelle génération ».

Par ailleurs, plusieurs professionnels semblent ne pas être très enthousiastes, et ce, malgré l’importance de cette technologie. Au nombre de ces professionnels figure notamment Mohamed Benouda. En effet, selon le président fondateur de ABA Capital, il y a un véritable problème de couverture réseau qu’il faudra résoudre avant de pouvoir penser au déploiement de la technologie 5G au Maroc. « Premièrement, il faut qu’on améliore notre couverture réseau, et deuxièmement, il y a un défi de souveraineté à relever en matière de cloud, de stockage de données et de nos data.» Ainsi, face à toutes ces défaillances, Benouda ne cache pas sa réticence vis-à-vis du déploiement de la 5G dans l’immédiat.

Pour Mahdi Bouzoubaa, Directeur Marketing et support à la vente BtoB, chez Orange Maroc, l’un des défis à relever avant de déployer la 5G au Maroc, « c’est d’abord de trouver un réel besoin sur le marché, qui soit suffisamment conséquent pour pourvoir justifier l’investissement dans cette technologie ». Il souligne qu’il y a également d’autres défis. « Par exemple, déployer la 5G pour un usage grand public, ça va être très difficile si on n’entre pas dans des paradigmes qui sont complètement  différents du déploiement des autres réseaux qu’on observe aujourd’hui. J’estime qu’on n’est pas du tout assez coercitif sur le domaine du partage d’infrastructure et dans un écosystème où globalement on va avoir des besoins croissants et des prix qui vont soit stagner soit baisser un petit peu. Et pour ça, je ne vois pas du tout comment on va pouvoir justifier un déploiement massif à grande échelle dans le domaine public », explique-t-il.

Abordant le sujet dans le même sens, Mohammed Talal, General Manager de la Voie Express, explique qu’aujourd’hui c’est le consommateur qui décide. La question qu’on devrait donc se poser, c’est de savoir ce qu’attend le consommateur ? Selon lui, « les habitudes de consommation sont en train d’évoluer et de plus en plus vite avec la digitalisation tous azimuts. Et c’est là que la technologie intervient, puisque c’est elle qui permet l’accélération de cette transformation numérique ». Puis il ajoute, « c’est le consommateur qui décide ! Que ce soit la 5G, la 6G ou la 18G,…ça ne répond qu’à un besoin final : Le client ».

Toutefois, pour le General Manager de la Voie Express, il faut faire très attention, parce que, selon lui les technologies 5G sont des technologies disruptives. « Aujourd’hui, si jamais on se met à investir dans des infrastructures 5G, l’état va devoir jouer son rôle régalien et accompagner les opérateurs dans l’investissement de ces infrastructures. Les entreprises privées seules ne peuvent pas, parce que le marché marocain est beaucoup trop petit. C’est un marché de 37 millions de consommateurs, c’est beaucoup trop petit ! », explique le General Manager de la Voie Express.

La 5G et les PME marocaines

Concernant l’utilisation de la 5G par les PME marocaines, Monsieur Talal, a expliqué qu’il faut un écosystème qui accompagne les PME. Selon lui, « il faut mettre en place des financements, il faut qu’il y ait plus d’expertise métiers et plus d’incubateurs pour justement rentrer dans ce nouveau monde stratégique ».

Par contre, pour Mahdi Bouzoubaa, la formation des profils concernés contribuera énormément à l’utilisation de la 5G au sein des PME. « Nous avons énormément d’administrateurs réseaux, énormément d’administrateurs systèmes,…, de développeurs informatiques,…mais très peu de chefs de projets capables de gérer des projets d’une telle envergure ».

Le temps, l’enjeu réel de l’utilisation de la 5G

Selon Mohamed Benouda, le temps est l’enjeu réel de l’utilisation des nouvelles technologies. « Le temps est l’élément clé ! C’est-à-dire qu’il faut voir dans l’usage de la technologie, comment peut-on l’utiliser pour pouvoir concevoir, produire, livrer, facturer, encaisser le tout rapidement…. Donc l’enjeu réel aujourd’hui c’est le temps. C’est ce qui fait la différence. Ce n’est pas l’innovation, ce n’est pas le réseau national que vous avez, ce n’est pas le financement, ce n’est pas la réglementation, …, c’est vraiment votre capacité à gérer le temps. Et ça, c’est le vrai enjeu de la technologie 5G », explique le président fondateur de ABA Capital.

En outre selon Mohamed Benouda, « le vrai challenge que nous avons aujourd’hui, c’est de voir comment on pourrait être orienté usage et comment la technologie va arriver chez le client pour démontrer qu’il y a un retour sur investissement ».

Par ailleurs, souligne le président fondateur de ABA Capital, il faut que les jeunes soient encadrés, aidés, équipés, motivés et réceptifs pour être préparés à l’arrivée de ces nouvelles technologies.

La 5G, une affaire de sécurité nationale

« Il est temps de prendre conscience de l’importance du numérique et de la data. A l’époque actuelle, si on vous plante vos datas center, on vous plante tout votre pays. C’est pour cela que je dis que l’état doit jouer son rôle régalien. Il y a aussi l’utilisation des données qu’il faut protéger. Parce qu’en optant pour l’utilisation de la 5G, c’est aussi l’espace d’attaque des hackers que nous sommes en train d’élargir. Et donc là, il y a un véritable problème. Et c’est un problème de sécurité nationale. C’est pour cela que l’état doit mettre la main à la poche et doit investir dans ce secteur là, dans la sécurité informatique et surtout dans la technologie que l’on importe et que l’on implémente au niveau national », détaille Mohammed Talal, associant dans ses propos le volet juridique et le volet technologique de l’utilisation de la 5G.

A la fin de cette rencontre hybride très dynamique, qui a tenu sa promesse d’ouvrir le débat sur l’utilisation de la 5G au Maroc, les conférenciers ont donné la parole aux participants présents et/ou en ligne pour poser leurs questions aux intervenants. Ces derniers ont tenté de dépassionner le débat autour de la 5G et d’apporter les réponses les plus précises possibles. La lumière a aussi été mise sur la multitude de fake news ayant circulé sur la 5G en période de Covid-19 et qui ne tient à aucune théorie plausible.

A propos de l’AUSIM

L’Association des Utilisateurs des Systèmes d’Information au Maroc (AUSIM) est une association à but non lucratifcréée en avril 1993. Elle œuvre activement dans l’esprit de développer et de vulgariser l’usage des Technologies del’Information et du Digital au Maroc.

L’AUSIM en quelques chiffres :

  • 100 organisations adhérentes (PME et grands groupes nationaux)
  • 3 secteurs représentés (primaire, secondaire et tertiaire)
  • 20 % du PIB (CA cumulés des organisations membres)
  • Un réseau de plus de 115 000 collaborateurs

La vision « DISRUPT » de l’AUSIM s’articule autour de sept piliers :

1 – Dynamiser l’utilisation du digital à travers les actions que l’AUSIM entreprend dans l’écosystème IT.

2 – Identifier et accompagner les PME, afin d’adopter le digital comme levier de développement.

3 – Sensibiliser la société sur l’utilisation du digital dans un cadre éthique, responsable et bien gouverné.

4 – Renforcer le retour d’expérience entre membres de l’AUSIM.

5 – Updater les universités par les retours d’expérience AUSIM afin de renforcer l’attractivité des métiers de l’ITet du digital.

6 – Participer aux travaux relatifs à la normalisation et à la régulation du digital conduits par les instancesgouvernementales.

7 – Transformer les innovations des startups et universités en Proof Of Concept

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