Le président américain Donald Trump a lancé, mercredi 2 avril, une série de nouvelles mesures douanières, qu’il qualifie de “jour de la libération” pour les États-Unis. Dans une annonce spectaculaire, Trump a détaillé l’imposition de nouvelles taxes sur les produits importés, visant à renforcer la position économique de l’Amérique et à inverser le déséquilibre commercial mondial.
Les nouvelles taxes, qui entreront en vigueur le 5 avril 2025, imposeront une surtaxe de 10% sur tous les produits importés aux États-Unis. Mais ce n’est que le début. Les pays jugés comme ayant les barrières commerciales les plus strictes, dont la Chine, l’Union européenne (UE), le Vietnam, le Japon et l’Inde, verront leurs produits frappés par des surtaxes supplémentaires, adaptées à chaque situation commerciale. La Chine, par exemple, verra une taxe de 34% sur ses exportations vers les États-Unis, tandis que l’UE se verra imposer une taxe de 20%. Des pays comme le Vietnam et le Japon feront face à des droits de douane de 46% et 24% respectivement. Le Maroc, quant à lui, sera également affecté par cette vague de surtaxes, avec une taxe de 10% sur ses produits exportés vers les États-Unis.

En outre, la Chine devra subir une combinaison de ces nouvelles taxes et des taxes déjà en place, portant ainsi le total des droits de douane sur les produits chinois à un colossal 54%. Les voitures, l’acier et l’aluminium, déjà soumis à des taxes, seront particulièrement touchés par ces nouvelles mesures.
Des réactions mondiales mitigées mais fermes
La décision de Donald Trump a provoqué une réaction immédiate de la part des principaux partenaires commerciaux des États-Unis. En Chine, un porte-parole du ministère du Commerce a qualifié ces nouvelles taxes de “subjectives et unilatérales”, et a averti que Pékin adopterait des “contre-mesures résolues” pour protéger ses intérêts. Le pays a également critiqué la suppression de l’exemption pour les petites importations chinoises, une mesure qui affectera notamment les géants du commerce électronique comme Shein et Temu.
La Corée du Sud, quant à elle, a exprimé sa vive inquiétude, en appelant à des négociations avec Washington pour éviter un impact trop négatif sur son économie. Le président intérimaire Han Duck-soo a affirmé que son gouvernement chercherait à minimiser les conséquences de ces nouvelles taxes en collaborant directement avec les responsables américains. Les géants coréens, comme Samsung et LG, qui ont des sites de production au Vietnam, seront également touchés par cette vague de droits de douane.
L’Europe prête à riposter
En Europe, les réactions ont été tout aussi fermes. Le gouvernement allemand a exprimé son soutien à la Commission européenne dans sa tentative de négocier une solution avec les États-Unis. Toutefois, si ces négociations échouent, l’UE prépare déjà des “contre-mesures équilibrées et déterminées”. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déploré cette décision, la qualifiant de “coup dur” pour l’économie mondiale et a annoncé la mise en place de nouvelles taxes sur certains produits américains dès le 9 avril 2025.
De son côté, le Premier ministre italien, Giorgia Meloni, a également critiqué la décision de Trump, soulignant qu’elle serait néfaste pour les deux parties, et a appelé à un accord rapide pour éviter une guerre commerciale destructrice. La position italienne se rejoint avec celle de plusieurs autres pays européens, qui prévoient de réagir en fonction de l’évolution de la situation.
L’impact global sur l’économie et la stabilité commerciale
Les conséquences de ces nouvelles taxes ne se limitent pas aux relations bilatérales. Selon de nombreux analystes économiques, cette politique pourrait entraîner une inflation mondiale, déstabiliser les marchés financiers et aggraver les tensions économiques. L’indice boursier coréen a d’ailleurs chuté de 3% après l’annonce des nouvelles taxes, un signe de l’instabilité générée par ces décisions.
Du côté des États-Unis, Trump continue de défendre sa stratégie en évoquant les bénéfices à long terme d’une telle approche pour la réindustrialisation du pays et le rééquilibrage de la balance commerciale. Cependant, les économistes avertissent que l’escalade des taxes pourrait entraîner une récession interne et réduire le pouvoir d’achat des Américains, avec un impact direct sur les secteurs dépendants des importations.
Vers une guerre commerciale mondiale ?
Ce “jour de la libération” promis par Trump pourrait en réalité marquer le début d’une nouvelle ère de tensions commerciales mondiales. Si ces taxes peuvent effectivement protéger certaines industries américaines à court terme, elles risquent aussi de perturber de manière significative l’économie mondiale et de déstabiliser des relations commerciales longtemps établies. Les mois à venir seront décisifs pour évaluer l’impact de ces décisions sur les relations internationales et sur l’économie globale.