Younes Moujahid, président du Comité temporaire de gestion des affaires de la presse et de l’édition au Maroc, a souligné l’importance cruciale de l’éthique professionnelle pour renforcer la confiance du public dans les métiers vitaux, notamment le journalisme. Cette déclaration a été faite en marge des travaux de la rencontre sur les expériences des organismes professionnels dans la gestion des questions d’éthique, qui a exploré les défis et les opportunités auxquels sont confrontés les métiers régis par des codes éthiques stricts.
Moujahid a expliqué que l’éthique professionnelle constitue un pilier fondamental pour réguler de nombreux métiers, tels que le journalisme, la magistrature, le barreau et la médecine. Il a ajouté : « L’objectif de ces éthiques est de garantir que ces professions travaillent au service de la société, et non pour elles-mêmes. Le journalisme, par exemple, sans éthique, ne peut pas jouer son rôle de quatrième pouvoir, car il œuvre pour la société et sous sa responsabilité. »
Il a également souligné que la compréhension des chartes éthiques de ces professions et la résolution des problèmes qu’elles rencontrent, que ce soit sur le plan organisationnel ou éthique, sont essentielles pour renforcer la confiance entre les professions et la société. « Quelles sont les décisions disciplinaires à prendre ? Quelles sont les difficultés auxquelles ces régulations font face ? Ces questions nécessitent des réponses claires », a-t-il déclaré.
Comparaisons entre les professions : des leçons à tirer
Moujahid a appelé à établir des comparaisons entre les expériences des journalistes et celles d’autres professions, telles que les juges, les avocats et les médecins. Il a noté que des changements majeurs sont en cours dans ces métiers, notamment avec l’arrivée de nouvelles générations sur le marché du travail, les transformations des valeurs et les avancées technologiques rapides.
« Ces changements nous poussent à étudier les expériences d’autres professions et à voir comment elles peuvent nous inspirer en tant que journalistes. Le journalisme, comme les autres métiers, doit développer son éthique et ses pratiques pour devenir plus utile à la société », a-t-il affirmé.
Technologie et intelligence artificielle : défis et enjeux éthiques
Moujahid a également abordé l’impact des technologies modernes, en particulier l’intelligence artificielle, sur les différentes professions. Il a insisté sur le fait que ces évolutions posent de nouveaux défis éthiques et juridiques. « L’intelligence artificielle est devenue un acteur clé dans de nombreux domaines, pas seulement dans la communication, mais dans toutes les professions. Cela ouvre des perspectives vastes pour l’innovation, mais pose également des problèmes liés à son utilisation abusive. »
Il a poursuivi : « Nous devons tirer parti des avantages offerts par ces technologies, tout en faisant face aux défis éthiques et juridiques qu’elles soulèvent. Cette question nécessite une réflexion approfondie et fera partie des discussions que nous mènerons dans un avenir proche. »
Vers un journalisme plus éthique
En conclusion, Younes Moujahid a réaffirmé que le développement de l’éthique professionnelle dans le journalisme n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir son rôle de quatrième pouvoir au service de la société. Il a assuré que le Comité temporaire de gestion des affaires de la presse et de l’édition continuera à œuvrer pour renforcer cette éthique, en collaboration avec tous les acteurs du secteur.
Rachid Mahmoudi