Fintech: En Afrique, McKinsey projette une croissance par huit des revenus d’ici 2025

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Fintech en Afrique, la fin du commencement, intitulé du dernier rapport de McKinseyi

Selon un récent rapport de McKinsey, les fintech africaines devraient réaliser des revenus exponentiels d’ici les trois prochaines années. Le Cabinet table sur un chiffre d’affaires qui pourrait être multiplié par 8 comparativement à 2020.

En afrique, les fintech ont le vent en poupe. Si bien que leurs revenus devraient se multiplier par 8 d’ici à 2025, par rapport à 2020. Ce n’est pas nous qui le disons, mais le cabinet international de  conseil en stratégie, McKinsey qui l’affirme. Et ce dans un rapport publié fin août et traitant des perspectives des startups africaines du secteur des finances.

En effet, intitulé : “Fintech en Afrique, la fin du commencement“, ce rapport prévoit que le chiffre d’affaires cumulé des fintech en Afrique, devrait atteindre 30,8 milliards de dollars (MM$) en 2025. Soit à peu près une multiplication par 8 comparé à 2020, où il a été évalué entre 4 et 6 MM$. Pour ce faire, il faudra espérer cependant une amélioration des taux de pénétration des services financiers, précise le rapport. Et comme exemple de taux de pénétration, McKinsey cite celui du Kenya qui est de 13%. Si l’on s’en tient à l’étude 2020 du Global Findex, cela ne devrait pas constituer une anicroche. Selon cette étude diligenté par la Banque Mondiale, « globalement, dans la région, 12 % des adultes disposent aujourd’hui d’un compte bancaire “mobile“ ». à titre indicatif, dans les pays développés, 54% des adultes détiennent un compte bancaire.

Des facteurs décisifs

Malgré ce faible taux de bancarisation et des transactions effectuées pour la plupart en espèce, plusieurs autres facteurs sont à l’avantage des fintech. Parmi ces facteurs le rapport énumère des services à haute valeur ajoutée, des coûts 80% moins chers que ceux des acteurs traditionnels, avec des intérêts à l’épargne trois fois plus élevés. De plus leurs coûts, en termes de transfert de fonds, peuvent s’avérer 6 fois moindre. En clair, le Rapport de Mc Kinsey met en avant la compétitivité des services offerts par les fintech africaines.

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En plus de ces facteurs endogènes, certains autres éléments exogènes concourront au succès de ces fintech. Ce sont notamment la croissance de l’utilisation des smartphones, la baisse des coûts d’internet et l’extension de la couverture réseau. Par ailleurs, la rapide croissance de la population jeune et sa tendance à s’urbaniser pèseront également dans leur essor.

Fintech africaines: Une “éruption“ portée par la pandémie

Pour les auteurs du rapport, « Entre 2020 et 2021, le nombre de start-up a triplé en Afrique pour atteindre quelque 5 200 entreprises dont près de la moitié sont des fintech ». A les en croire, cette « éruption » des fintech s’explique par l’attractivité du marché africain des services financiers. D’après les prévisions de McKinsey, le potentiel de croissance de ce marché pourrait croître de 10% l’an pour atteindre les 230 MM$ de chiffre d’affaire en 2025. Bon gré mal gré, la crise sanitaire a également dopé les potentialités de ce secteur. Pour les analystes de McKinsey, les startupers de la fintech doivent une fière chandelle à la covid-19 qui entrainé une digitalisation tous azimuts de l’économie, entraînant par ricochet cette envolée des fintechs.

Une croissance à « géographie » variable

Toutefois des disparités existent, comme le stipulent les analystes de McKinsey. « Dans l’ensemble, nous prévoyons que l’opportunité de croissance dans le domaine des fintech sera probablement concentrée sur onze marchés clés : Cameroun, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda, qui représentent ensemble 70 % du PIB de l’Afrique et la moitié de sa population », peut-on lire dans le rapport.

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On comprend dès lors l’engouement des capital-risqueurs pour les fintech. Rien qu’en 2021, elles ont raflé 63% des 5,2 MM$ de fonds levés par les startups africaines. Cette proportion devrait se maintenir dans les 7,3 MM$ des levées projetées en 2022 par Africa The Big Deal.

                                                                                                   Gethème Yao

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