Forum International des énergies décarbonation, hydrogène vert et souveraineté énergétique au cœur des débats

Face aux défis croissants liés aux fluctuations des marchés énergétiques et à la transition vers des sources plus durables, la quatrième édition du Forum International des énergies, organisée par Industrie du Maroc Magazine, le 29 janvier, a réuni experts et décideurs pour débattre des stratégies à adopter. Placé sous le thème « pétrole, gaz, hydrogène, énergie renouvelable : quel mix énergétique pour une entreprise compétitive ? », cet événement a permis de faire le point sur les perspectives du secteur.

L’un des moments phares fut le premier panel, consacré à la résilience énergétique et à l’hydrogène vert. Ce débat a réuni Reda Hamedoun, Directeur Executif de Nareva, Nawfal El Fadil, Directeur exécutif de MASEN, Anas El Bouyousfi, PDG de SUNCORP, Pierre Raillard, Country Director de Chariot Limited et Hicham Bouzekri, Founder et CEO d’African Technical Advisors. Au cœur des échanges, la souveraineté énergétique, le rôle du partenariat public-privé, la place du Maroc dans la filière hydrogène et les enjeux logistiques d’une transition réussie.

Dès l’ouverture du panel, Nawfal El Fadil a rappelé la richesse des ressources renouvelables du Maroc : « Le pays dispose de potentiels éoliens et solaires de très haute qualité, notamment dans les provinces du Sud et de l’Oriental », a-t-il déclaré. Il a mis en avant les projets emblématiques comme Noor Ouarzazate et Noor Laâyoune, qui témoignent d’une stratégie ambitieuse en matière d’énergies renouvelables.

Reda Hamedoun, de son côté, a souligné que le Maroc pourrait exploiter jusqu’à 190 GW de potentiel éolien, un chiffre considérable qui permettrait au pays de devenir un leader régional. « Nous avons la capacité de produire des électrons low-cost, low-carbon et low-maintenance. L’objectif est de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, qui représentent encore 90 % de notre consommation », a-t-il déclaré.

L’hydrogène vert : une révolution à venir

L’hydrogène vert a occupé une place centrale dans les discussions. Selon Reda Hamedoun, le Maroc pourrait produire l’hydrogène vert le plus compétitif du monde, aux côtés du Chili, avec un coût en dessous de 3 dollars le kilogramme. *« C’est une ressource inépuisable qui renforcera notre sécurité d’approvisionnement tout en créant de nouveaux secteurs industriels », a-t-il affirmé.

Pour Hicham Bouzekri, il est primordial d’orienter cette production vers des industries locales pour maximiser l’impact économique : « Il ne s’agit pas seulement d’exporter de l’énergie. Nous devons transformer cette électricité verte en emplois et en industries », a-t-il défendu. Il a cité les secteurs de la sidérurgie verte, du méthanol et de l’ammoniaque, où l’hydrogène vert pourrait jouer un rôle fondamental.

La nécessité d’un cadre réglementaire adapté

Les intervenants ont également mis en avant les freins existants, notamment sur le plan réglementaire. Anas El Bouyousfi a appelé à davantage d’incitations pour les industriels souhaitant adopter des solutions photovoltaïques : « Aujourd’hui, il n’y a pas assez d’acteurs pour répondre à la demande. Il faut un cadre plus clair et des incitations financières pour permettre aux entreprises de s’équiper », a-t-il plaidé.

De son côté, Nawfal El Fadil a mis en avant la circulaire sur l’offre hydrogène Maroc, qui vise à offrir un cadre transparent et compétitif pour les investisseurs. *« Il est essentiel d’assurer une approche gagnant-gagnant, qui bénéficie à la fois aux investisseurs et au développement économique national », a-t-il déclaré.

Le gaz naturel comme énergie de transition

Pierre Raillard, représentant de Chariot Limited, a introduit une note différente en insistant sur le rôle du gaz naturel dans cette transition énergétique. « Nous pensons que le gaz restera une ressource clé pour plusieurs décennies, notamment pour réduire progressivement la dépendance au charbon », a-t-il expliqué. Il a rappelé que le Maroc est encore largement dépendant des importations de gaz et que l’exploitation des ressources locales pourrait renforcer la sécurité énergétique du pays.

Un enjeu de compétitivité pour l’industrie marocaine

L’industrie marocaine est également concernée par ces transformations énergétiques. La taxe carbone européenne, en vigueur, pousse les industriels à adopter des solutions plus vertes. Anas El Bouyousfi a mis en garde : « Nos exportations seront directement impactées si nous ne décarbonons pas nos industries ».

Hicham Bouzekri a rappelé la nécessité de former une main-d’œuvre qualifiée pour accompagner ces mutations. *« Nous devons créer davantage de centres de formation pour disposer de techniciens et d’ingénieurs qualifiés dans ces nouvelles filières », a-t-il insisté.

Le panel s’est achevé sur un appel à l’action. Reda Hamedoun a encouragé une approche offensive : « Le Maroc doit parier sur ses atouts et accélérer le développement de ses infrastructures vertes. Nous avons tout ce qu’il faut pour y parvenir ».

De son côté, Nawfal El Fadil a réaffirmé l’engagement de MASEN à accompagner cette dynamique en facilitant les investissements et en veillant à la création d’une économie énergétique compétitive et durable.

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