Hub Africa dévoile les grands vainqueurs de ses awards 2019 et de l’African Pitch Roadshow

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CONSÉCRATION – Hub Africa 2019, qui a marqué la 7ème édition de cette grand-messe des investisseurs et des entrepreneurs, a pris fin jeudi 14 juin 2019 au Most Events de Casablanca. Encore une fois, ce fut le rendez-vous d’une jeunesse africaine innovante et de femmes entrepreneures où l’excellence a été récompensée.  

Comme à l’accoutumée, c’est avec la distribution des Awards que Hub Africa 2019 a soufflé sur ses lampions. Cette 7ème édition, dont le thème portait sur « Open Innovation au service de la PME en Afrique », a distingué 7 catégories d’entrepreneurs ou d’initiatives, sachant qu’un prix spécial a été décerné à Ameenah Gurib Fakim, 6ème présidente de l’Ile Maurice. Pendant les deux jours de l’événement, elle a honoré de sa présence cette manifestation devenue incontournable et incité les jeunes à croire en eux.

Les vainqueurs des Awards de Hub Africa 2019

Le grand Prix HUB AFRICA a été décerné à MARWA de Karim Tazi ;

Le prix de la Femme entrepreneure est allé à  Rokhaya Sall, PDG de MINEEX ;

Le prix de la Coopération Sud a été remporté par S2M et reçu par Aziz Daddane ;

Le prix de l’Entreprise Innovante a été gagné par PILLIOTY et remis à  Hafid Griguer ;

Le prix de l’Impact Sociétal a été décerné à SODECA et remis à Eugène Ndiaye ;

Et le prix Coup de Cœur, qui est allé à ACCEL CITY a été remis à Aziz El Yaagoubi.

Le palmarès 2019 de l’African Pitch Roadshow

Quant Palmarès 2019 des Startups de l’African Pitch Roadshow 2019, il se décline ainsi :

  • 1er PRIX à Tira Robots de Wassim Ben Hamida (Tunis), ce projet est une solution, spécialisée dans la fabrication de robots de manutention.
  • 2ème PRIX Soteko City (Bruxelles pour la diaspora) (Smart City) de la team dirigée par RoxannaDelaFiamor, émue aux larmes, et qui comprend Joël Buleli et Marc DePaus  (Bruxelles pour la diaspora)
  • 3ème PRIX à Boostiny de Tarek Nachnouci (Tunis) dont le projet porte sur une plateforme de recommandation rémunérée qui met à la disposition de tout utilisateur une sélection d’offres commerciales et des outils permettant de les diffuser à travers ses réseaux de contacts. Il devient alors un NANO-INFLUENCEUR et touche une commission sur chaque clic, prospect ou vente générés.

ZLEC, intégration et Innovation

Juste avant ces cérémonies de remises de Prix et de récompenses, la matinée et le début d’après-midi de la deuxième journée du jeudi 13 juin ont été ponctuées de séances plénières sur « Regards croisés d’entrepreneurs africains », « Retour d’expériences d’initiatives d’Open Innovation », « La ZLEC : Défis et enjeux ». Cette dernière session a été marquée par la Keynote prononcée par  Ameenah Gurib Fakim.

Mountaga Keïta, PDG de Tulip Industries Ltd (Guinée), est justement revenue au cours de cette première session sur son parcours d’homme d’affaires, de banquier formé à Harvard, devenu inventeur d’une borne multitâches et multiservices qui sert énormément la télémédecine… . Aujourd’hui que son usine est bien en place et commence à produire, il lance un appel, notamment aux Etats africains, pour des commandes, des contrats. Le PDG de Tulip Industries ose croire qu’il aura un écho via les personnes intéressantes rencontrées au Hub Africa qu’il compare à un nid de cerveaux. Revenu en Afrique pour y rester, il affirme que l’Afrique à intérêt du Made in Africa.

Zoghlami, Dg et co-fondateur d’Africup (Tunisie), insistera on ne peut plus sur l’importance de l’industrie du jeu vidéo qui pèse 140 milliards de dollar contre 70 milliards pour le cinéma. Avec sa vidéo-témoin, intitulée «Industries créatives digitales », il a mis l’accent sur l’Afro futurisme, non sans occulter une niche qui doit surfer sur la génération digitale. Il a assuré que son pays qui se positionne en producteur d’effets spéciaux, avec des studios spécialisés dans les jeux vidéo et qu’il investit dans une école pour création de super héros noirs… Une initiative, en cours de lancement au Burkina Faso. Justement, il dit oui au coding, mais aussi à la 3 D.

A sa suite Aphrodice Mutangana, DG de kLab (Kigali), a sommairement brossé la genèse de son espace de co-working, espace d’innovation, au service de la jeunesse et qui compte plus de 2000 membres, 400 à 500 mentors… De son avis, il est impératif d’outiller les jeunes… dans un élan d’ensemble qui crée un écosystème engendré par universitaires, académiciens et autres acteurs du secteur privé.

Quant à Siny Samba, PDG et co-fondateur de Le lionceau, première entreprise sénégalaise dans l’agro-alimentaire pour bébés et jeunes enfants, elle a souligné son ambition de combler un vide, d’accompagner et soutenir les aux produits du terroir.

Tous les auteurs de ces témoignages ont trouvé en Hub Africa, un lieu de rencontres privilégié pour faire du réseautage.

Appelé en grand témoin  Youssef El Aoufir, Managing Director and Operations Officer du Groupe Intelcia, a retracé le parcours de ce groupe qui s’implante en Afrique, en Europe et bientôt en Amérique du Nord. Au-delà de l’expansion de ce grand groupe qui fut naguère qu’une PME d’à peine 200 personnes, il y a un modèle de développement. Il nous a confié que dans ce groupe, ils sont extrêmement investis dans les pays (leur ADN) où ils décident de s’installer, y développent et forment les ressources humaines nécessaires à la gestion des processus, sachant qu’il faut quelque fois casser du déjà construit…Ce membre du staff d’Intelcia a fait remarquer qu’au sein du groupe, l’innovation est l’affaire de tous… avec des techniques de Design Thinking.

Dans le panel suivant «Retour d’expériences d’initiatives d’Open Innovation», Zineb Bennouna, chef du Département Innovation à Lydec, et Maguette MBow, Fondateur de Bee’s 55, ont démontré le nouveau visage de l’Afrique, une Afrique qui gagne. Pour ce faire, et profiter du Youth Dividend, il faut casser les silos, aussi que l’Etat mette la main à la poche, que des partenariats financiers suivant le modèle PPP (Partenariat Public Privé) soient promus dans la mise en place de cadres adéquats (zones de Nearshoring, d’Offshoring, Agropoles, Technopoles…)pour permettre la transformation des essais.

Grands ensembles, entre rêves et réalités

Dans la dernière plénière sur la ZLEC (Zone de libre-échange économique en Afrique), Ameenah Gurib Fakima salué un traité, ratifié par 24 Etats, qui va éliminer les droits de douane, instaurer un marché unique et booster le PIB des Etats africains. De l’avis de la 6ème présidente de Maurice, un continent intégré signifie plus de productions, plus investissements, la libre circulation des biens et des personnes. Toutefois, elle a souligné que ces objectifs suscitent des appréhensions, des défis et malaises. Pourtant, déplore-t-elle, la prospérité est loin d’être atteinte partout sur le continent. Avec une densification des échanges commerciaux qui vont atteindre 50 à 70 milliards de $ vers 2040, de nouveaux débouchés aux exportateurs, un secteur industriel qui va tripler en 2025, la sécurité alimentaire renforcée… et last but not least, la ZLEC va faciliter l’intégration financière… Ce fut un réel plaidoyer mais avec des garde-fous.

Pour  Abla Abdel Latif, Executive Director Egyptian Center for EconomicStudies, il faut au préalable un minimum infrastructurel, ensuite que l’Etat incite à investir, puis lutte contre la corruption et élimine les conflits d’intérêts.

Reprenant la balle au rebond, M. Mohamed Aziz Kadiri, Vice-Président de la CGEM, a insisté sur les bases infrastructurelles et éducationnelles à mettre en place d’abord pour une ZLEC réussie. Il a usé de l’exemple imagé du serpent qui se mord la queue… et attiré l’attention sur le rôle à jouer par le secteur privé dans le développement du continent. Il a salué la démarche des Etats africains qui militent pour l’ouverture, au moment où le monde ferme ses frontières. Mme Marie Ba, ex-Président de l’Ordre des experts comptables du Sénégal et Président de Netforce, qui a modéré cette séance, demandera à M. Tony Ejinkeonye, Vice-President of NACCIMA (National Association of Chambers of Commerce, Industry, Mines and Agriculture), comment se préparer avant d’aller sur le ring ? Ce dernier fera remarquer que seuls 2 pays, à savoir, Le Nigéria et Seychelles ne l’ont pas signé. Et à son tour de demander « Pourquoi le Nigéria qui fait 70% du PIB continental, n’a pas signé, alors qu’il est à l’origine de cet Accord ? De son avis, la charrette a été mise avant les bœufs, pour la simple et bonne raison que, la concertation n’a pas eu lieu avec les autres forces vives de la nation. Favorable, à la ZLEC, le VP de NACCIMA suggère d’y aller doucement, surtout dans un contexte de terrorisme exacerbé.

Toujours se penchant sur les contraintes et opportunités de la ZLEC, Alioune Guèye, CEO Hub Africa, a rappelé le NEPAD lancé par un groupe de chefs d’Etat et qu’il avait assimilé à un NOPAD si on n’y prenait garde… La suite on la connait. De son avis, il faut commencer petit et que l’exemple de l’UE, (Une Union entamée sur un Accord sur le charbon et l’acier, mais qui atteindra les pays de l’Est après la chute du mur de Berlin) pourrait être pédagogique. Aujourd’hui, la circulation des biens et des personnes y est un acquis, a-t-il loué. Cela l’a amené à évoquer cette Lettre « No Visa pour les entrepreneurs en Afrique », rédigée par  Zakaria Fahim, Président du Hub Africa, et lui-même et adressée au Président en exercice de l’UA, à un certain nombre d’organismes et instances du continent. L’exemple patent qu’il donne est ce groupe de jeunes gagnants de l’African Pitch Roadshow qui n’ont pu concourir à la finale à Casablanca, faute de visas. Des handicaps qui font qu’on « assassine » des Einstein, des Jeff Besos…Certes dit-il, il ne faut pas perdre de vue le volet sécuritaire, mais néanmoins, il faut mettre en place un Entrepreneur Act, aller vers une Alliance sous la forme d’un ERASMUS, avoir une langue du Business pour atténuer, voire abolir les césures entre les 2 Afriques…

Enfin,  Abdallah Souleymane, Regional Integration and Trade Division CEA, a invité à plus d’intégration dans un continent balkanisé depuis la conférence de Berlin de 1884-1885, avec ses 84 000 km de frontières synonymes de 84 000 problèmes. Relativement à la mise en œuvre de la ZLEC, il a loué un certain enthousiasme du secteur privé. Ce qui est de bonne guerre, croit-il, dans la mesure où on se dirige vers un marché potentiel de 1,3 milliards de consommateurs devant générer plusieurs milliards de $ de revenus. Aussi, il s’est réjoui qu’en à peine un peu plus d’un an, quelque 24 pays aient signé l’Accord. Dr Abdallah Souleymane croit au lancement de la ZLEC au prochain Sommet de Niamey.

Désormais, HUB Africa, qui a signé un certain nombre de conventions, donne rendez-vous au Entrepreneurs et Investisseurs à la même période en 2020, juste après le mois de Ramadan, sur un thème tournant autour de « PPP, levier de la PME en Afrique ».

 

1 COMMENTAIRE

  1. Congratulations to Mrs Rokhaya Sall CEO of MINEEX Winner of The Woman Entrepreneur Award. May this award be the beginning of a succession of other deserved distinctions.

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