Industry Meeting Day : L’accompagnement des industriels, quelle offre ?

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La troisième table ronde d’Industry Meeting Day a été l’occasion d’engager le débat sur les offres mises à disposition des industriels en matière d’accompagnement. Ainsi cet accompagnement peut prendre différentes formes : du fonds d’investissement à l’accompagnement des entreprises sur le marché international ou le financement des industries de substitution à l’importation. S’y ajoute la difficulté des entreprises à trouver du foncier ou un local industriel. Face à toutes ces problématiques, les dirigeants de structures de financement et opérateurs logistiques, ont dévoilé leur offre et étalé leur stratégie en matière d’aides financières aux entreprises, d’infrastructures, de zones industrielles et de foncier industriel.

Abderrahim Aquesbi, Directeur Général Adjoint de l’Agence nationale pour la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (ANPME)

« Aujourd’hui, notre ADN se base sur le soutien à l’investissement, il s’agit de soutenir financièrement les entreprises ayant des projets impactants et cette aide peut aller
jusqu’à 10 millions de dirhams. Bien entendu ce n’est pas de la distribution de fonds mais plutôt de la recherche et de l’acquisition d’impact, ce qui veut dire qu’à travers ce soutien, nous attendons un retour sur investissement en termes de création d’emploi, de valeur ajoutée, et nous nous adressons aussi bien au marché de l’export qu’au marché national.
Aujourd’hui pour faire le bilan de l’étape 2014-2016, nous sommes à 650 entreprise accompagnées, ayant investi 5 milliards de dirhams et ayant bénéficié d’une contribution de l’Etat de 900 millions de dirhams et qui vont créer plus de 46.000 emplois. Nous sommes focalisés sur l’industrie à hauteur de 85% des projets d’accompagnement dans ce sens. Nous sommes aussi en train de mettre en place une offre de financement spécifique pour les startups. Nous avons aussi le programme Imtyaz, qui aujourd’hui finance les entreprises jusqu’à 20%, et nous sommes aussi disposés à financer l’expertise des entreprise jusqu’à 80% en matière d’innovation de recherche, d’amélioration des procédés, et nous accompagnons aussi les entreprises dans leur stratégie de digitalisation. »

Taoufik Lahrach , Secrétaire Général de la Caisse Centrale de Garantie (CCG)

« Nous sommes un établissement de crédit dont le rôle est de s’interroger sur la non rencontre entre les offres et demandes de crédit et voir ce qu’on peut faire pour que cette rencontre se réalise et que le financement soit mobilisé pour les PME. Ce que nous apportons dans ce cens c’est notre garantie, c’est-à-dire que nous partageons le risque avec les investisseurs. Ce qui fait qu’aujourd’hui, notre portefeuille atteint 14 milliards de dirhams où le financement des industriels contribue à hauteur d’un tiers des investissements, se plaçant comme le premier secteur.
L’autre volet sur lequel nous agissons est celui du cofinancement où nous intervenons sur la compétitivité des entreprises, autrement dit nous cofinançons avec les banques des projets d’investissement industriels dans lesquels notre part est au taux très bas de 2%, ce qui améliore fortement le développement de ces structures.
Nous avons par ailleurs constaté qu’il fallait aider la Petite et Moyenne Industrie en lui ramenant les fonds d’investissement, parce qu’ils ont cette capacité de valoriser les business de ces petites entreprises mais ne trouvent malheureusement pas d’intérêt à les financer. Et c’est là où la Caisse Centrale de Garantie est intervenue en lançant
deux fonds d’investissement pour amener les investisseurs privés sur ce segment là. »

Mehdi Ait Berri, Chef du département aide aux investissements du Centre
régional d’investissement de Casablanca (CRI)

« Nos produits et services consistent en l’aide à la création d’entreprises à travers le guichet unique du Centre régional d’investissement de Casablanca, l’assistance aux projets d’investissement et le traitement de l’ensemble des actes administratifs nécessaires à la réalisation des projets, ainsi que le renseignement sur le dispositif national de mise à niveau et les différentes lignes de financement
disponibles.
À titre indicatif, en 2016 le CRI de Casablanca a cumulé des projets d’investissement de l’ordre de 37 milliards de dirhams ayant permis la création de 26.000 emplois et c’est
l’industrie qui détieint la première place parmi ces projets, à hauteur de 67%.
La région de Casablanca-Settat fournit aux investisseurs deux principales prestations : le foncier industriel et la simplification des démarches administratives. Dans ce sens, plusieurs actions ont été mises en place pour la simplification des procédures, également la dématérialisation des autorisations de construire, et bientôt tout ce qui est acceptabilité environnementale.
Les types de projets industriels que nous soutenons concernent les secteurs de la chimie et la parachimie, de l’aéronautique, les Ecopark… »

Jaafar Mrhardy , Directeur Général de la plateforme industrielle de Tanger Med Zones

Nous développons deux activités principales : une activité infra-structurelle qui consiste en la gestion du port et une activité d’accompagnement des industriels dans le cadre de la mise en marché d’une offre foncière par le biais des zones industrielles ayant vocation à héberger les initiatives privées au Maroc ou venant de l’étranger.
La partie logistique est très importante dans l’industrie et l’amélioration de la situation du Maroc sur la partie services logistiques n’est pas chose aisée. Le plus important pour nous c’est le Software, ou la capacité de développer une industrie qui va se greffer sur l’infrastructure et qui va la valoriser.
Notre proposition de valeur pour les industriels est de faire l’interface en tant qu’autorité de zone franche et de simplifier au maximum le parcours du combattant de l’investisseur, son installation … Ainsi, l’idée est de faciliter toutes les démarches administratives des opérateurs industriels, notamment à l’international.

Mohssine Semmar, Membre du Directoire de Medz

Depuis sa création, Medz a été positionné comme accompagnateur des stratégies
sectorielles. Nous avons commencé par le tourisme en 2002 et en nous avons enchainé sur l’industrie en2005.
Nous avons au fur et à mesure aligné notre offre à la nouvelle donne que la stratégie industrielle a apportée en tant que partenaire de l’Etat, comme un visionneur de zone, intégrant un écosystème qui permettrait à des investissements de se concrétiser dans les meilleurs conditions.
Nous nous rappelons que le foncier constituait un grand frein à l’investissement, ce qui n’est quasiment plus le cas aujourd’hui. Il y a aussi eu un développement soutenu de nos activités avec 15.000 emplois créés et 300 clients installés.
Aujourd’hui, nous sommes disposés à répondre aux demandes des industriels qui nous sollicitent pour leur proposer soit du terrain, soit du bâtiment clé en main, soit de l’assistance à maitrise d’ouvrage.
Il y a une fenêtre d’opportunités extraordinaires qui s’offrent à l’investissement. Il fut un temps où les budgets alloués à l’industrie étaient très faibles alors qu’aujourd’hui le Plan d’Accélération Industrielle dispose de 20 milliards de dirhams pour le développement industriel.
Et donc notre rôle est l’accompagnement en infrastructure, notre démarche est de dupliquer le concept zone avec une infrastructure de standing international et autour du guichet unique, et aussi de prévoir les environnements appropriés.

Zouhair Benjelloun , Directeur Général SNTL Supply chain

« Nous sommes intégrateur d’écosystèmes logistiques au service de l’intégration de
l’économie nationale et le corps de notre business est le transport, notamment des biens des sociétés industrielles, leur permettant ainsi d’atteindre la massification des flux, l’optimisation en termes de chemins et de flux, de développement des ports, et
d’infrastructures afin d’accompagner le développement économique du pays.
Aujourd’hui à la SNTL nous disposons du centre Tamayuz dans la Supply-Chain qui a pu innover sur une tour de contrôle à même de fournir la traçabilité à l’ensemble de nos clients. Nous sommes donc un accompagnateur à forte valeur ajoutée pour les industriels.
Au Maroc, nous avons toujours considéré la logistique comme le maillons faible
de la chaine de production. La prise de conscience de l’importance a démarré en 2009 en créant le contrat programme de compétitivité logistique, entré en vigueur en 2012 avant lequel le Maroc était classé 105e mondial dans la compétitivité logistique, et en 5 ans ce contrat programme a permis de nous faire passer à la 50e place en 2014.
Aujourd’hui le message est clair: si les industriels veulent gagner, il faut se tourner vers l’optimisation et la massification des flux, se concentrer sur son métier de base, et mettre le capital humain au coeur de ses activités. »

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