La Redéfinition des Entreprises via l’Auto-Disruption

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Cette conférence digitale, qui a duré une heure, a été animée par un panel de 4 intervenants qui, tour à tour, ont exposé de courts énoncés de 5 à 10 minutes. Les différentes présentations ont été l’occasion d’énumérer les nombreuses causes et raisons justifiant et expliquant l’auto-disruption des entreprises, avant d’égrener plusieurs exemples d’accélération de la digitalisation auprès des entreprises sur fond de crise liée à la pandémie de la COVID19.

Intervenants :
    – Mr Tommaso Di Giovanni
– Mme Ramatoullaye Amado Diallo
– Mr Fathallah Sijilmassi
– Mr Noômen Lahimer

Modérateur : Seth O’Farell, Journaliste, fDi Intelligence, Financial Times

Message de bienvenue. Introduction du sujet

Mr Tommaso Di Giovanni

Bio: Tommaso Di Giovanni est le Vice-Président de la Communication Internationale chez PMI, où il pilote le déploiement de la communication institutionnelle et des campagnes publiques de PMI autour du monde.

PMI a opéré un virage important dans l’industrie du tabac en pariant sur un avenir sans fumée. En interne, ce changement majeur a même transformé notre façon de travailler incluant dans son processus le progrès scientifique et technologique. Nous n’avons pas seulement vu cette autodisruption mais on l’a voulue fortement et on a fait en sorte que cela se passe proactivement.

Notre business était solide, il n’y avait pas de menaces extérieures dues au changement technologique mais on s’est dit que c’est le moment de faire quelque chose de mieux. Pour nous c’est un choix courageux quand notre CEO a annoncé qu’on allait complètement s’éloigner des cigarettes, un produit qui a été vendu tel quel pendant des décennies et faire quelque chose de complètement différent, à savoir les remplacer par un produit alternatifs à risque réduit  basé sur la science.

Notre priorité actuel est de sensibiliser le monde entier sur les opportunités offertes grâce à l’innovation, la science et la technologie, afin d’arriver à un monde sans fumée. Nous sommes aujourd’hui entrain d’accompagner nos filiales à travers le monde afin de les encourager à partager la vision de PMI pour un futur sans fumée. Les études que nous avions menées avaient réussi à démontrer que 9 fumeurs sur 10 n’ont jamais réussi à mettre fin à leur addiction à la cigarette. La majorité des éléments toxiques qui composent une cigarette intègrent des éléments combustibles dangereux pour la santé. Grâce à la technologie et depuis les années 2000, nous avons commencé à concevoir des machines capables de remplacer la cigarette, tout en étant parfaitement compactes et beaucoup moins nocives. Aujourd’hui, toutes les études réalisées à l’international prouvent que ces produits sans combustion sont beaucoup moins nocifs que la cigarette. Nous avons dû réaliser plusieurs changements en interne afin de nous adapter à la production de ces nouveaux produits. Aujourd’hui, nous disposant de centaines de scientifiques qui travaillent au sein de nos centres de recherche à Neuchâtel. Notre chaine de production est entrain de connaître des changements très profonds et nous sommes désormais extrêmement focalisés vers le futur.

Mr Noomen Lahimer

Bio: Dr. Noômen Lahimer est un économiste et entrepreneur tunisien. Après avoir obtenu un doctorat en économie de l’Université Paris-Dauphine en France, il a occupé plusieurs postes parmi lesquels celui d’enseignant-chercheur à la Saint John’s University New-York (Paris-Campus)

L’auto-disruption des entreprises est devenue un élément fondamental de la stratégie économique de chaque pays. Cette année, nous avons fondé Evey Technologies, une startup qui développe des plateformes afin d’aider les organisateurs d’événements à planifier des événements virtuels et hybrides innovants. Nous étions loin de savoir que nous étions entrain de développer une entreprise d’évents en pleine période de crise liée à la COVID 19. Cependant, notre entreprise a su faire preuve d’une résilience exemplaire, malgré la conjoncture actuelle. Nous nous sommes rendus compte que, derrière cette capacité à survivre face à la crise, nous avions développé une entreprise aux produits extrêmement mûrs. Et pour cause, malgré le contexte de confinement, nous avons réussi à décrocher des partenariats et à faire fructifier notre entreprise. Si les entreprises arrivent à tirer leur épingle du jeu, l’administration continue à résister aux changements et notamment à la digitalisation. Or vous savez ce que l’on dit: pour mettre fin à toute forme de résistance, il faut augmenter la température! Si vous voulez assouplir de l’acier par exemple, il faut le chauffer! La crise de la COVID 19 a augmenté la température: elle est entrain d’obliger l’administration à changer et à s’adapter en digitalisant ses process. N’empêche qu’avec trop de température, on risque aussi de tout brûler! L’auto-disruption ne doit donc jamais être vraiment imposée. Au contraire, elle doit être endogène, volontaire et reposer sur des prérequis. Les personnels des entreprises et des administrations doivent y être préparés. Elle doit naître d’une démarche à la fois empathique, adaptative, agile, souple et harmonieuse.

Mr Fathallah Sijilmasi

Bio : Docteur en Economie Internationale, Fathallah Sijilmassi est un économiste et un ancien diplomate marocain de carrière. Il est actuellement Président fondateur de Positive Agenda Advisory, société de conseil en stratégie et développement.

Plus qu’une simple crise, la pandémie de la COVID19 a été un véritable choc! Avant même que cette crise ne survienne, Sa majesté le Roi avait engagé des réflexions autour d’un nouveau modèle de développement qui serait à même d’intégrer à la fois l’élément humain et social. La santé et l’éducation constituent le cœur même de cette réflexion dont la mise en place a finalement été accélérée par la crise de la COVID 19. Cette crise a en outre créé une sorte de connexion encore plus forte entre le monde de l’industrie et celui de l’université par exemple. Cette crise mondiale a également favorisé la recherche et l’innovation. Je suis persuadé qu’elle finira par installer une évolution vertueuse. Je suis également convaincu que la tendance dans les années à venir sera purement digitale. L’écologie sera également un paramètre essentiel dans cette course future vers la production du bienêtre et du développement économique. L’évolution de l’économie à l’avenir reposera sur trois piliers importants : d’abord l’économie de la vie (l’éducation et la santé), ensuite l’économie verte (l’écologie) et enfin l’économie digitale. Ces trois piliers prendront tout leur sens s’ils sont appliqués au niveau régional et notamment continental (Afrique). Une évolution qualitative reste une condition importante pour assurer une bonne sortie de crise, mais aussi pour pouvoir se projeter dans l’avenir, loin de l’ambiance anxiogène dans laquelle nous sommes plongés depuis le début de la pandémie. Avant qu’il n’y ait un «lendemain», il y’a d’abord un «aujourd’hui». Il faut donc apprendre à gérer le quotidien immédiat tout en préparant le long terme.

Mr Ramatoullay A. Dialo

Bio: Ramatoulaye est le PDG d’Orange Money au Sénégal et la directrice des Services Financiers Numériques du cluster Orange Sonatel qui couvre 5 pays.  

La COVID 19 est entrain d’agir comme un véritable accélérateur. La digitalisation, notamment dans le domaine des paiements, est entrain d’être rapidement implémentée au niveau de toutes les stratégies des entreprises et des institutions. Ce qui devait au préalable être réalisé dans 5 ans a été accompli en quelques semaines seulement. L’inclusion financière, aussi bien au Sénégal que dans le reste de l’Afrique, a connu un développement sans précédent. Les inscriptions aux services digitaux de paiement ont été extraordinairement rapides. Dans ce contexte, l’auto-disruption des entreprises a pris tout son sens. Il faut l’assumer pleinement et saisir l’opportunité actuelle pour se réinventer et se développer. L’idée d’avoir son portefeuille sur son téléphone (mobile money) est par exemple entrain d’être généralisée dans toute l’Afrique. Les banques n’ont toujours pas réussi à généraliser cette inclusion à l’ensemble des couches de la population. Le mobile money est plus que jamais aujourd’hui entrain de faire son chemin grâce au smartphone. Le smartphone a connu un taux de pénétration supérieur à 100 % dans la majorité des pays d’Afrique. Tout ce que nous avons fait c’est rajouter une brique supplémentaire, celle de l’inclusion financière, à cet outil qui était désormais dans toutes les mains. Aujourd’hui, nous sommes entrain de vivre une mini révolution dans le domaine de la finance digitale en Afrique grâce notamment à l’éclosion de la banque digitale. Nous allons donc apporter encore plus de produits aux populations qui correspondront davantage à leurs besoins, sans oublier les startups et les entreprises.

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