L’ASMEX : L’innovation pour booster ses performances à l’export

0
670

Dans un contexte particulièrement difficile pour les entreprises marocaines en général et pour les entreprises exportatrices en particulier, marqué par la crise économique mondiale liée à la pandémie du COVID-19, l’importance de l’innovation est des plus accrues.

Pour accompagner les exportateurs marocains dans leur quête de performance et dans la gestion de l’après-crise, l’ASMEX a organisé, le 17 juin 2020, un webinaire intitulé « L’innovation, puissant levier pour booster vos capacités d’export ». Cette rencontre organisée en partenariat avec le Cabinet UCOTRA Consulting s’inscrit dans le cadre du cycle de visioconférences organisées par l’Association et ayant pour objectif d’accompagner et sensibiliser ses membres sur des thématiques visant à développer leur compétitivité à l’export.

Cette rencontre, présidée par M. Hassan Sentissi El Idrissi, et modérée par M. Moulay Youssef Aaloui, Vice-Président de l’ASMEX, a connu la participation de plusieurs intervenants nationaux et internationaux à savoir, Mme Eva Diedrichs, fondatrice et ancienne Directrice Générale de l’IMP³rove Academy en Allemagne et M. Salim Berbache, Associé Ucotra Consulting et Expert en Management de l’Innovation. Pour apporter un témoignage et partager leurs expériences respectives dans le domaine, ont pris part à l’événement, MM. Hakim Marrakchi, PDG de Maghreb Industries, Abed Chagar, DG de Colorado et Aziz Horani, DGA de HPS.

D’emblée M. Sentissi a rappelé que la crise internationale que subit le secteur des exportations dans le monde a montré que l’innovation et l’adaptation des opérateurs économiques à leur nouvel environnement étaient des leviers incontournables de compétitivité. Le Maroc l’a vécu en grand dans la gestion de la production et l’exportation des masques et dans la conception et la fabrication du premier respirateur artificiel 100% marocain.

Au lendemain de la secousse du Coronavirus les flux du commerce international ont été particulièrement chamboulés et les opérateurs se sont rendus compte qu’il n’y avait plus d’acquis et qu’il y avait une nouvelle place à prendre par les exportateurs africains en général et marocains en particulier dans le nouvel échiquier mondial. Une seule condition cependant… innover pour trouver de nouveaux marchés, de nouveaux clients, de nouvelles approches et parfois même de nouveaux produits. « L’innovation est un outil de différenciation indispensable pour le développement des entreprises que ce soit au niveau national ou international. C’est un élément permettant de s’aligner, voire dépasser la concurrence étrangère et donc aller de l’économie marocaine vers l’avant » a déclaré le président de l’ASMEX.

Une idée développée par M. Salim Berbache, qui a expliqué que l’innovation pouvait être traduite dans le contexte global de l’entreprise par la capacité à :

• Apporter des réponses appropriées aux facteurs d’influence externes et internes ;

• Générer une valeur ajoutée et à pouvoir la recréer au fil du temps.

Pour lui, l’innovation se produit dans tous les domaines de l’économie et pas seulement dans les grandes entreprises de haute technologie, en conséquence, la création et le soutien d’écosystèmes et de réseaux d’innovation est devenu une priorité pour de nombreux pays, dont le Maroc.

Il a ajouté que l’innovation se nourrit de deux ingrédients essentiels, à savoir d’une part la créativité humaine et, d’autre part, la capacité de l’entreprise à transformer les idées en solutions concrètes pour le marché. En effet, nos entreprises regorgent, aujourd’hui, d’un potentiel créatif qui n’est cependant pas toujours suffisamment exploité. En créant le cadre interne favorable et en structurant un dispositif d’innovation adapté, les entreprises peuvent accélérer significativement leurs performances opérationnelles et leur croissance profitable.

Il a suggéré en cette période post covid 19, de revisiter la stratégie nationale de l’innovation et ce dans la perspective de créer un écosystème opérationnel, efficient et vertueux qui permettrait, à horizon 2030, de hisser le Maroc et, pourquoi pas, dans le Top 40 de Global Innovation Index (l’idée ici est d’en faire un véritable cap commun pour le pays).

Dans la même perspective, Mme Eva Diedrichs a rappelé que la propagation de la pandémie était un catalyseur pour l’innovation au sein des entreprises dont le but est bel est bien la création de la valeur pour le consommateur, l’entreprise elle-même ; les collaborateurs ; les partenaires et bien évidemment tout l’écosystème avec lequel les entreprises sont en interaction.

Mme Eva Diedrichs a saisi cette occasion pour citer quelques exemples d’entreprises innovatrices au temps de la pandémie COVID-19 ,dont une entreprise de construction qui a pu adapter son offre avec la période du confinement à travers un mécanisme permettant au client d’effectuer des visites virtuelles aux bâtiments, une autre qui a changé sa production textile vers uniquement des masques de protection et aussi la création d’un hub allemand réunissant des entreprises appartenant à la même chaîne de valeur afin de consolider leurs efforts et trouver des solutions ensemble pour faire face aux répercussions du coronavirus.

En ce qui concerne la nature des liens « Innovation-Export », les participants se sont accordés à dire que :

• L’export est facilité par l’innovation qui permet de générer des avantages concurrentiels et des atouts distinctifs

• L’export permet d’accroitre les revenus au-delà du marché local, d’où l’amortissement des investissements en innovation

• L’export offre à l’entreprise de nouveaux champs d’exploration de l’innovation et développe son écoute et agilité pour adapter son offre et répondre aux marchés ciblés. • L’écosystème « Innovation-Export » de l’entreprise se rejoignent en grande partie et peuvent être mobilisés en synergie

Les témoignages d’entreprises telles que Colorado, HPS ou encore Maghreb Industries ont permis d’apporter des éclairages concrets sur les réalisations dans ce domaine et les success stories possibles à travers le levier de l’innovation.

M. Abed Chagar, DG de Colorado a affirmé que l’innovation en matière de peinture avait permis à Colorado d’adapter son offre à chaque région du monde, vu que les composantes du produit sont conditionnées par le climat du pays. Il a également insisté sur l’innovation en terme de marketing en ajoutant que Colorado détient le seul showroom dans la région MENA dédié uniquement à l’exposition des produits et au conseil sans passer à la vente.

De sa part, M. Aziz Horani, DGA de HPS, a mis en avant la stratégie « Open Innovation » de HPS qui consiste à analyser, interpréter et mettre en commun l’ensemble des aspects qui constituent l’écosystème propre à chacun de leurs clients et partenaires afin de leur apporter une réponse globale, personnalisée et évolutive. Une stratégie qui repose essentiellement sur 3 piliers :

• Une écoute active du marché.

• Une R&D efficace et collaborative.

• Les ressources humaines.

D’autre part, M. Hakim Marrakchi, PDG de Maghreb Industries a insisté sur le fait que l’innovation en terme de processus et de packaging est primordiale dans le secteur de la confiserie, caractérisé par une concurrence mondiale accrue.

Il est à rappeler que, selon le « Global Innovation Index 2019 », le Maroc est classé au (3ème) rang en Afrique et enregistre de meilleurs résultats mondiaux en terme d’Outputs de l’innovation (66ème) par rapport aux Inputs (83ème). Le Royaume a aussi pu se distinguer dans les actifs immatériels (43ème) au niveau mondial, (39ème) en ce qui concerne les dépôts de marques et (9ème) pour les dessins et modèles industriels.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here