Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la défense de son patrimoine culturel. Un protocole d’accord a été signé à Genève entre le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), visant à renforcer la protection juridique du patrimoine immatériel marocain à l’échelle internationale.
Par cet accord, Rabat entend consolider sa coopération avec l’OMPI autour des droits d’auteur, des droits connexes et de la valorisation des éléments emblématiques de son héritage culturel – à l’instar du caftan, du zellige, ou encore des expressions artistiques ancrées dans l’identité marocaine.
Vers une reconnaissance juridique mondiale du patrimoine marocain
Alors que l’UNESCO offre une reconnaissance symbolique et culturelle aux éléments patrimoniaux, l’OMPI propose un cadre juridique international permettant aux États de protéger leurs biens culturels contre le vol, la contrefaçon ou l’exploitation illégale. Le protocole signé à Genève permet ainsi au Maroc de plaider ses droits devant les instances compétentes en cas de litige.
Ce partenariat prévoit aussi le recours à l’expertise internationale de l’OMPI pour accompagner le Bureau Marocain des Droits d’Auteur (BMDA) dans le développement de nouveaux outils juridiques, tels que le droit de suite ou le droit de copie, via le système WIPOCONNECT.
Un levier pour la culture, l’innovation et l’économie créative
L’accord s’inscrit pleinement dans la vision stratégique du Royaume, qui cherche à positionner la culture comme un levier de développement économique, tout en assurant la préservation des savoir-faire traditionnels et des expressions artistiques.
Au-delà des objets et savoirs ancestraux, l’accord ouvre aussi des perspectives dans des secteurs émergents comme l’industrie du jeu vidéo, riche en contenus culturels (scénarios, graphismes, musiques) et en forte croissance au Maroc.
Dans ce contexte, la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des technologies immersives appelle à une mise à jour des outils de protection du patrimoine et des droits créatifs. L’État marocain entend ainsi anticiper les défis juridiques liés à ces transformations.
Une initiative pionnière dans le monde arabe et africain
Le Maroc devient le premier pays à engager un processus de protection juridique de son patrimoine immatériel dans une approche strictement culturelle, indépendamment de toute visée commerciale. À ce jour, sept éléments du patrimoine national font déjà l’objet d’une procédure de reconnaissance auprès de l’OMPI.
Cette coopération avec l’organisation onusienne basée à Genève constitue un jalon stratégique dans l’arsenal de défense du patrimoine culturel marocain, au moment où la question de la souveraineté culturelle prend une place centrale sur la scène internationale.
Diplomatie culturelle et perspectives de collaboration
En marge de la signature, des échanges bilatéraux ont eu lieu entre les représentants marocains et la direction de l’OMPI, portant sur les projets conjoints à venir : échanges d’experts, renforcement du cadre juridique des droits d’auteur, et appui technique au BMDA.
L’accord a été paraphé à l’occasion des Assemblées générales annuelles de l’OMPI, tenues du 8 au 17 juillet à Genève, avec la participation de plus de 1 000 délégués et ministres du monde entier. Ces rencontres examinent notamment le programme d’activité 2026-2027 et les priorités de l’Organisation en matière de propriété intellectuelle et culturelle.








