Et si un stade de football pouvait raconter l’histoire d’un pays, incarner ses traditions et ouvrir une nouvelle ère architecturale ? C’est le défi relevé par Tarik Oualalou, architecte et professeur, avec le Stade Hassan II de Casablanca. À l’occasion de la 5ème édition de la Science Week à l’UM6P, il nous plonge dans les coulisses de ce projet phare, symbole d’un Maroc en mouvement et tourné vers l’avenir.

Le Stade Hassan II, futur joyau architectural de Casablanca, ne se contente pas d’être un simple lieu de spectacle sportif. Conçu pour accueillir la Coupe du Monde, il incarne une vision audacieuse, mêlant tradition marocaine, innovation technologique et respect de l’environnement. Tarik Oualalou, l’un des architectes porteurs de ce projet, nous en dévoile les secrets lors d’un entretien spécial pour Industrie du Maroc Magazine. Entre fierté nationale et humilité, il nous explique comment ce stade devient le nouvel étendard d’un Maroc qui avance.

stade Hassan II
stade Hassan II

Un projet porteur de fierté et d’humilité
Pour Tarik Oualalou, le Stade Hassan II est bien plus qu’un projet architectural : c’est une aventure collective. « Nous sommes tous engagés dans une très belle aventure, explique-t-il. La maîtrise d’ouvrage, l’État, les architectes… chacun donne le meilleur pour contribuer à cette grande vision portée par Sa Majesté. » Une vision qui dépasse les frontières du sport pour s’inscrire dans une dynamique nationale et internationale. « C’est une immense fierté, mais aussi une grande humilité, car nous ne sommes qu’une petite partie de cette cheville ouvrière. »

Une tente marocaine aux accents universels
L’un des éléments les plus frappants du stade est sa forme inspirée de la tente traditionnelle marocaine. Mais attention, précise Oualalou, il ne s’agit pas d’une simple imitation. « La tente n’est pas une tente classique. Elle ne ressemble à aucune autre. C’est une évocation de notre tradition d’hospitalité et de congrégation, comme lors des Moussem, ces rassemblements festifs en pleine nature. » Cette inspiration, profondément ancrée dans la culture marocaine, résonne aussi à l’échelle universelle. « La tente est une figure proto-architecturale partagée par l’humanité entière, des tipis amérindiens aux yourtes mongoles. Elle symbolise l’accueil, le partage et l’acceptation de l’autre. »

Un stade en harmonie avec la nature
Au-delà de son esthétique, le Stade Hassan II se veut un modèle de durabilité. « Nous avons conçu un bâtiment qui respire avec son environnement, explique Oualalou. La structure tendue de la tente protège la nature environnante, créant un espace où les oiseaux, les animaux et les humains coexistent harmonieusement. » Le projet intègre également les dernières technologies en matière de frugalité énergétique, de récupération des eaux et d’arrosage intelligent. « C’est le minimum que nous puissions faire pour construire de manière responsable. Mais nous allons au-delà des normes pour offrir un modèle exemplaire. »

Une expérience immersive pour les spectateurs
Le stade promet également une expérience inédite pour les amateurs de football. « C’est un stade de dernière génération, conçu selon les recommandations les plus strictes de la FIFA, souligne Oualalou. Grâce à notre partenaire Populus, qui a construit des centaines de stades à travers le monde, nous offrirons l’une des meilleures expériences au monde, avant, pendant et après le match. » Une attention particulière a été portée à la visibilité, évitant les écueils traditionnels des stades pour garantir une immersion totale.

Un projet ancré dans son territoire
Situé près de Casablanca, à Nouaceur, le stade s’intègre parfaitement dans son environnement. « Nous avons voulu qu’il dialogue avec la nature, qu’il la protège plutôt qu’il ne lui impose, explique Oualalou. C’est un espace vivant, où les marchés, les espaces de jeux et les parcours santé coexistent toute l’année. » Une approche qui reflète la philosophie de l’architecte : « L’architecture, c’est la relation que l’homme construit entre le sol et le ciel. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons accepter d’être invités par la nature plutôt que de nous imposer à elle. »

Un Maroc en mouvement
Pour Tarik Oualalou, ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un Maroc qui réinvente son rapport au monde. « Le Maroc est un des grands théâtres du XXIe siècle, affirme-t-il. Nous avons la chance de vivre un moment unique, où la collectivité, la société civile et les architectes participent à quelque chose de particulier. C’est une responsabilité immense, mais aussi une opportunité de montrer que ce que nous fabriquons ici peut inspirer le monde entier. »

Rachid Mahmoudi 

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