L’Assemblée nationale a adopté la partie « recettes » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 par 176 voix pour et 161 contre, ouvrant ainsi la voie à l’examen de la partie « dépenses », et notamment de l’article-phare relatif à la suspension de la réforme des retraites de 2023.
Ce vote intervient dans un contexte tendu : le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait fait de cette suspension un engagement majeur pour éviter une censure de son gouvernement et relancer l’adoption du budget 2026, longtemps retardé par la crise politique.
Or, la suspension de la réforme implique un coût estimé à « 400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard en 2027 ». Pour compenser, des mesures budgétaires ont été évoquées, notamment le relèvement de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital.
Le groupe majoritaire Renaissance apparait divisé : certains élus refusent de voir détricoté un dispositif qu’ils ont soutenu en 2023, d’autres souhaitent accompagner la main tendue du gouvernement aux socialistes.
Le débat sur la suspension se tiendra mercredi 12 novembre en séance, à condition que la partie « recettes » soit adoptée en bonne et due forme. Le calendrier reste serré, avec plus de 600 amendements encore à examiner, et un gouvernement vigilant à ne pas recourir au mécanisme de l’article 49-3.
En résumé, ce vote marque une étape symbolique forte qui relance la pression politique autour de la réforme des retraites, tout en illustrant la fragilité de la majorité et les contraintes budgétaires auxquelles le gouvernement est confronté.








