Interview Nouzha Taariji, Directrice Générale Energy Transfo

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«L’industrie doit se préoccuper de plus en plus de la préservation de son environnement»
IDM: Qu’est-ce qui caractérise le secteur énergétique au Maroc ac- tuellement, en termes d’avancées mais aussi au vu de ce qui reste à faire pour développer davantage ce secteur ?
Le Maroc a connu au cours des vingt dernières années, une crois- sance continue de la demande d’énergie, de l’ordre de 6% en moyenne, liée à l’industrialisation, au développement global de l’économie et à l’augmentation du niveau de vie. 1995 : L’électri- fication rurale. Cette année-là, le gouvernement marocain lance le Programme d’électrification rurale global. Ce PERG a contribué au développement de l’industrie électrique au Maroc. En 2009, le Maroc présente la Stratégie énergétique nationale à l’horizon 2020 qui vise à optimiser le bouquet énergétique dans le secteur de l’électricité et à accélérer le développement des énergies renou- velables, particulièrement éolienne, solaire et hydraulique. L’adop- tion de la loi 48-15 relative à la régulation du secteur de l’électricité s’inscrit dans la continuité du mouvement de libéralisation du sec- teur énergétique. Elle permet aujourd’hui aux opérateurs privés de développer des projets de production d’électricité de sources renouvelables et de commercialiser l’électricité produite avec un droit d’accès garanti aux réseaux électriques THT, HT et MT.
IDM: Vous travaillez également dans le cadre de l’association Izdihar sur la réduction de l’impact environnemental des groupes industriels à Sidi Bernoussi ? où en êtes-vous aujourd’hui ? L’industrie doit se préoccuper de plus en plus de la préservation de son environnement. Or la prise en compte de l’environnement par les entreprises peut difficilement se faire sans développer une ges- tion collective de l’environnement à l’échelle de leur zone d’activi- té. En effet, les PME n’ont généralement pas les moyens humains, techniques et financiers pour mettre en place une politique de gestion environnementale. Ces contraintes amènent à envisa- ger la mise en place de solutions collectives et économiquement viables. Dans l’objectif d’initier un processus dynamique d’amélio- ration environnementale durable de nos activités, notre associa- tion Izdihar a rédigé une charte environnementale. Les entreprises qui y adhèrent veillent à suivre une démarche de responsabilité environnementale. L’enjeu de la charte environnementale est de concilier les activités économiques et la prise en compte de l’envi- ronnement à l’échelle de notre zone industrielle. Elle se veut un outil de dialogue avec les diverses institutions et acteurs locaux.
IDM: Quel regard portez-vous sur la place de la femme marocaine dans la société actuelle ?
Depuis vingt ans, la femme marocaine s’est vu reconnaître de nouveaux droits. Pour ne citer que la réforme en 2004 du Code de la Famille «Moudawana» avec tous les changements qu’elle a impliqués. Malgré toutes ces améliorations, nous sommes encore loin du compte. Malheureusement, il existe de très fortes disparités dans notre pays au niveau de la place de la femme. Une femme vivant dans un milieu rural n’aura pas la même place qu’une femme qui vit en ville. De même, ces fossés se creusent da- vantage en fonction de la catégorie dans laquelle on vit. L’éduca- tion et le travail sont la clé de voûte du changement. La place des femmes dans le monde du travail est un enjeu primordial puisque c’est par le travail que les femmes gagnent leur autonomie finan- cière, l’un des piliers de l’égalité. Il reste donc encore beaucoup à faire. Certes, l’État a un rôle central à jouer pour garantir une certaine égalité entre hommes et femmes au Maroc. Cependant, nous nous devons chacun à notre niveau nous mobiliser pour faire changer les mentalités.

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