Le troisième panel de cette journée de Global Industry 4.0 Conference s’est tenu sur le thème “Transformer les industries grâce à l’innovation ouverte : libérer le pouvoir de la collaboration” ou si vous voulez en anglais “Transforming Industries through Open Innovation: Unleashing the Power of Collaboration”.

Ont pris part à ce panel Mme. Aalya El Ghouli,CEO DIGIFI BNP PARIBAS et messieurs Mehdi Alaoui, CEO LaStartupStation; Zouheir Lakhdissi, CEO Dial Technologie; Jamal Berrich, membre de la Comité de Gestion de la Maison de l’Intelligence Artificielle Maroc.

Première intervenante sur le sujet, Mme. Aalya El Ghouli a plaidé pour l’inclusion féminine à tous les niveaux de la chaîne de l’industrie, l’intelligence artificielle ayant elle-même été inventée par une femme.

L’experte a d’entrée de jeu définit “la technologie comme un outil et non une finalité. Un moyen de parvenir à l’installation d’un certain nombre de choses. Le premier axe fait référence à la manière dont l’IA parvient à révolutionner le monde de l’entreprise, l’industrie en général.

Avec l’IA, ce qui n’était pas d’actualité, pas avant-gardiste, se trouvant dans les centres de recherche, est aujourd’hui en développement. Ce qui était à l’époque très théorique, est désormais pratique, adapté aux membres de l’entreprise.

Nous avons l’exemple du domaine bancaire, l’IA est un must pour le traitement de la data, tout ce qui est communication, reconnaissance de données ne peut s’en passer. Tout ceci pour souligner que l’IA est aujourd’hui une technologie incontournable pour accélérer les processus, la digitalisation au sein de l’entreprise. Aussi, elle a l’avantage de pouvoir être appliquée à plusieurs domaines et ceci se voit sur cette table ronde, avec les experts présents. Moi-même je représente le domaine bancaire et financier. Nous avons à côté des confrères qui viennent de la Recherche, l’Innovation, etc.

L’IA est une technologie qui a l’avantage d’avoir au Maroc, toute l’importance qui lui est donnée, à travers la recherche qui démontre que nous ne sommes pas que dans l’importation et donc pas obligés de se tourner vers l’extérieur pour la faire évoluer. En somme, c’est un sujet d’une importance capitale qui se doit d’être porté encore plus localement, avec les investissements qu’il faut et l’encouragement nécessaire, parce que l’IA est devenue incontournable.

A la suite de la CEO DIGIFI @BNP PARIBAS, c’est M. Mehdi Alaoui qui a pris la parole, en soulignant que le thème de ce panel a pour objectif de permettre une connexion entre différents éléments, en tenant compte de d’abord connecter l’écosystème startup avec la partie corporate-Open innovation dans le contexte de l’industrie, avec la puissance de l’IA.

“Le sujet peut se traiter de différentes manières. L’un des sujets prioritaires à traiter dans le cadre de l’IA, c’est par exemple Lark dans le contexte de l’IA. Si nous devons le connecter par rapport à l’industrie, une des menaces que nous avons, c’est l’excès de l’automatisation grace à l’IA, qui s’explique par le fait que le robot devient plus performant que l’humain. Bien évidemment, si nous mettons de côté, le volet intelligence émotionnelle c’est quelque chose qui se projette définitivement”.

La première dimension dans la partie étique de l’IA, c’est la partie protection de la data privée. Un sujet pertinent qu’a développé M.Zouheir Lakhdissi pour éclairer la lanterne des participants à l’évènement. Pour comprendre l’impact actuel de l’IA, le CEO de Dial Technologie a tenu à raconter l’histoire de deux empires du XVème siècle que sont l’empire Ottoman et l’empire Chinois, afin de faciliter la compréhension de tout un chacun. ces deux empires qui ont pris la décision d’interdire l’imprimerie, au moment de l’invention de celle-ci par Johannes Gutenberg. Cette interdiction s’est faite pour deux raisons. La première était d’ordre culturel dans le cas de l’empire Ottoman, car l’oeuvre manuscrite était supérieure et fondamentale dans la culture musulmane et la seconde, c’est qu’il y avait plus de 80 000 copiste qui travaillaient à Istanbul pour des créations manuscrites. Pour ces raisons donc l’imprimerie fut interdite pendant plusieurs siècles avant d’être autorisée vers les années 1700. De nombreux historiens s’accordent à dire que c’est l’une des raisons qui ont précipité les chutes de ces deux empires.

Aujourd’hui, je considère que nous sommes au même niveau d’échelle que l’invention de l’imprimerie qui a permis la diffusion du savoir de manière inégalable. L’IA, elle permet la diffusion de l’innovation, qui est désormais entre les mains de tous. Si nous ne prenons pas les mesures adéquate, nous risquons de nous retrouver avec les mêmes problématiques.

Jamal Berrich, membre de la Comité de Gestion de la Maison de l’Intelligence Artificielle Maroc a plaidé pour une vulgarisation de l’IA, afin de faciliter son utilisation par tous. Le spécialiste de l’IA a aussi appelé à un amoindrissement de certaines restrictions sur cette technologie.

« Effectivement, je vais juste rebondir ce qui a été déjà dit. En ce qui concerne la question de l’éthique, il faut savoir que peu importe la problématique abordée, il y a toujours une question d’éthique à laquelle nous ferons face. Du coup, nous prenons énormément de temps à résoudre les problématiques concernant l’éthique que de résoudre le problème en lui-même. Bien sûr au sein de l’équipe nous avons des spécialistes qui font ce travail et nous prenons conseils sur cette partie. Après, nous décidons s’il faut aller vers la solution ou rester en l’état. Il faut tout de même savoir qu’une grande partie de la solution est due à la réglementation, donc pour résoudre des problèmes liés à l’éthique, va falloir adapter la réglementation. Surtout pour la réglementation marocaine, qui est l’une des plus strictes et encore plus lorsqu’on utilise des solutions de pointe.

Par exemple, nous, nous travaillons sur une grande partie des projets sur les drones. Pour se faire, il faut satisfaire toutes les conditions de la législation, malgré que nous sommes dans le monde universitaire qui est un peu plus flexible. En entreprise, c’est un peu difficile, dans le contexte universitaire, les restrictions sont moindres, mais malgré cela, nous faisons face à des obstacles. Il faut faire un peu plus de d’efforts pour faciliter un peu plus la réglementation, parce que l’éthique est un point essentiel pour toute résolution de problème. C’est le point focal, notamment pour nous. Dans le traitement de la data, nous faisons face à l’éthique. Du genre « avons-nous le droit d’interpréter les données ? Avons-nous le droit de prendre des décisions à partir des données ? Voilà autant d’interrogations auxquelles nous faisons face.

Un autre point que je veux soulever, c’est mettre en place une stratégie sur l’intelligence artificielle. Nous, en tant que comité de gestion de la maison de l’intelligence artificielle, nous avons une stratégie qui est d’essayer de développer l’IA, la vulgariser avant même de la promouvoir. La population doit savoir déjà c’est quoi l’intelligence artificielle. La vulgariser, afin que tous sachent l’intérêt de l’utilisation de l’IA. Ce processus démarre par les plus jeunes. Nous tentons de familiariser les enfants avec l’IA et à cet instant, nous pouvons dire que nous déclenchons des armes process d’intelligence artificielle pour montrer l’intérêt de l’IA. En somme, retenons tout simplement que si nous ne croyons pas à l’IA comme étant une solution, nous ne pourrons rien faire. Le débat sur le contrôle de l’homme par l’IA doit faire place à sa vulgarisation pour aboutir à une totale utilisation de l’IA ».

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