Boeing lance un emprunt obligataire et renonce à l’aide fédérale

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Le constructeur aéronautique américain Boeing, lourdement affecté par la pandémie de coronavirus, a lancé un emprunt obligataire de 25 milliards de dollars et renonce pour l’heure à l’aide fédérale, selon un communiqué.

«Nous sommes très heureux de la demande pour notre offre obligataire aujourd’hui, qui est l’une des mesures que nous prenons pour que les 17.000 sous-traitants et nous-mêmes continuions à avoir accès à des liquidités», précise le géant aéronautique.

Par conséquent, Boeing indique renoncer «pour le moment» aux 17 milliards de dollars qui lui étaient réservés dans le gigantesque plan de relance de l’économie américaine de 2.200 milliards de dollars voté par le Congrès.

L’offre sera close le lundi 4 mai et se présente en sept tranches avec des maturités –la durée de l’emprunt– allant de 3 à 40 ans.

«La forte demande reflète la conviction très forte de la solidité de Boeing sur le long terme et de celle de l’industrie aéronautique», a indiqué le constructeur.

Il a tenu à saluer les élus, l’administration Trump et la Banque centrale pour avoir rétabli «un climat de confiance sur les marchés» sans lequel l’emprunt n’aurait pas été possible.

Avant la pandémie qui a paralysé le trafic aérien et forcé le constructeur à stopper sa production, Boeing était déjà en grande difficulté économique et avait vu sa réputation ternie à cause des révélations sur la certification de vol de son avion vedette, le 737 MAX.

Tous les appareils de ce type sont cloués au sol dans le monde entier depuis le printemps 2019, après deux accidents ayant fait 346 morts.

Mais depuis le mois de mars et la crise du Covid-19, la situation s’est spectaculairement détériorée pour le groupe américain.

Il a confirmé mercredi réduire ses effectifs mondiaux d’environ 10%, soit 16.000 emplois supprimés, et diminuer la production de ses avions long-courriers pour faire des économies.

Ces suppressions d’emplois se feront via un programme de départs volontaires et des licenciements secs. Elles concernent principalement la division aviation civile, dont les effectifs vont être réduits de 15%, a précisé le directeur général David Calhoun dans un courrier interne aux salariés en marge de la publication des résultats du premier trimestre.

«La nette réduction de la demande pour nos produits et services pour les prochaines années ne peut tout simplement pas soutenir les niveaux élevés de notre production» actuelle, fait valoir M. Calhoun dans le courrier aux salariés consulté par l’AFP.

Boeing a dû fermer temporairement ses usines américaines et vient de les rouvrir, mais la reprise de l’activité sera progressive.

Outre les suppressions d’emplois, l’avionneur va également, comme son rival Airbus, réduire les cadences de production de ses appareils civils.

Au premier trimestre, Boieng a affiché une perte nette de 641 millions de dollars et son chiffre d’affaires a reculé de plus d’un quart.

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