Fermeture du Gazoduc : « erreur stratégique » et « mauvais coup »

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La fermeture du Gazoduc est le sujet qui cristallise les débats à l’heure actuelle, un journaliste espagnol et un eurodéputé ont traité d’« erreur stratégique » et de « mauvais coup » cette décision d’Alger.

Officiellement fermée le 31 octobre dernier par l’Algérie, le journaliste espagnol Pedro Canales juge la décision de fermeture du Gazoduc Maghreb/Europe comme une « erreur stratégique » qui aura des « conséquences désastreuses » pour Alger et l’ensemble des pays de la région.

Déplorant « la passivité de l’Espagne et de l’Europe à l’égard d’Alger », dans un article publié par le magazine espagnol « Atalayar », le journaliste espagnol trouve cette décision est « sans fondement » et porte atteinte aux intérêts de la région, ainsi qu’à l’ambition de l’édification de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

Selon lui, « Alger a commis deux erreurs stratégiques en l’espace de quelques mois. La première a été de rompre unilatéralement les relations diplomatiques avec le Maroc et la seconde est la fermeture du gazoduc Maghreb/Europe, qui acheminait 6 milliards de mètres cubes de gaz de Hassi R’Mel vers l’Espagne via le Maroc ». « Ces deux décisions ont été prises par le Haut Conseil de sécurité algérien, un organe militaire qui est passé du statut d’organe consultatif à celui d’organe exécutif, et auquel sont associés, sans droit de veto, le président de la république, les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères, et les chefs de la sécurité », fait savoir M. Canales, ancien correspondant de plusieurs médias espagnols au Maghreb.

Malgré les messages rassurants adressés par les autorités algériennes, « les accords de fourniture de gaz signés avec l’Espagne, le Portugal et l’Union européenne ne seront pas honorés », indique le journaliste espagnol, assurant que le « plan alternatif » proposé par Alger pour compenser les 6 milliards de mètres cubes du gazoduc Maghreb/Europe n’est ni fiable ni suffisant.

Il n’est d’ailleurs pas le seul à penser ainsi, ce 2 novembre, l’eurodéputé Aymeric Chauprade qualifiait la décision de l’Algérie de « mauvais coup » à l’Espagne et au reste de l’Europe juste avant l’hiver.

Pour lui, ce n’est pas qu’une agression envers le Maroc, mais « Alger est un facteur d’instabilité pour le Maghreb et la Méditerranée». Ce membre du Parlement européen a décrit les actions de l’Algérie comme une « fuite en avant », arguant que l’événement a démontré « le manque de fiabilité de l’Algérie en tant que partenaire énergétique à long terme pour l’Europe ». Chauprade a conclu en déclarant que l’UE devrait plutôt s’employer à consolider les relations avec le Maroc à la suite de l’arrêt du gazoduc Maghreb-Europe.

Dans son communiqué publié ce dimanche 31 octobre, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a expliqué que la décision algérienne n’aura dans l’immédiat qu’un impact « insignifiant » sur la performance du système électrique national. Le Royaume a pris ses dispositions.

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