Rapport ONUDI 2020 : 10 pays à l’avant-garde de la 4e révolution industrielle, le reste à la traîne

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Rapport ONUDI 2020 : 10 pays à l’avant-garde de la 4e révolution industrielle, le reste à la traîne

CONJONCTURE –  L’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), dans son rapport de 2020, a mis l’accent sur les nouvelles technologies dans le processus d’industrialisation au niveau mondial. 10 pays sont à l’avant-garde de la 4e révolution industrielle, le reste à la traîne.

 Le rapport, présenté officiellement le 5 novembre 2019 à Abou Dhabi, lors de la 18e conférence générale de l’organisation internationale, a focalisé son attention sur la 4e révolution industrielle et ses implications sur le devenir de l’industrie aussi bien pour les pays développés que pour ceux en voie de développement.

Selon LI Yong, Directeur général de l’ONUDI « l’émergence et la diffusion des technologies de production numérique avancées (PNA) de la quatrième révolution industrielle (4RI) modifient radicalement la production manufacturière, estompant de plus en plus la frontière entre les systèmes de production physiques et numériques ».

Le rapport souligne le fait que les progrès de la robotique, de l’intelligence artificielle, de la fabrication additive et de l’analyse des données offrent d’importantes possibilités d’accélérer l’innovation et d’accroître le contenu à valeur ajoutée de la production dans les industries manufacturières.

L’émergence et la diffusion des technologies de PNA – intelligence artificielle, analyse de données massives (big data), informatique en nuage (cloud computing), Internet des objets (IDO), robotique avancée, et fabrication additive, entre autres – modifient radicalement la nature de la production manufacturière et estompent progressivement la frontière entre les systèmes de production physiques et numériques.

Dans des conditions favorables, l’adoption de ces technologies par les pays en développement peut favoriser un développement industriel inclusif et durable (DIID) et la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).

Dani Rodrik professeur d’économie politique internationale à la John F. Kennedy School of Government de l’Université Harvard met cependant un bémol à la réalité de cette 4e révolution industrielle. Selon lui, Les nouvelles technologies sont une arme à double tranchant pour les pays en développement. «Elles peuvent favoriser des avancées et accélérer le rattrapage économique. Toutefois, en l’absence de capacités, de compétences et d’institutions de base, elles constituent un obstacle à la convergence des pays à la traîne », soutient-il.

Dans les faits, seules quelques économies et entreprises créent et adoptent des technologies de PNA. La création et la diffusion des technologies de PNA demeurent toutefois concentrées à l’échelle mondiale, avec un faible développement dans la plupart des économies émergentes.

Selon ce Rapport 2020, 10 économies sont responsables de 90 % des brevets mondiaux et de 70 % des exportations directement associées à ces technologies. Viennent ensuite, 40 autres économies qui adoptent ces technologies, mais de manière beaucoup plus modérée. Les économies restantes, soit affichent une faible activité soit ne prennent pas du tout part à la création et à l’utilisation de ces technologies.

José Antonio Ocampo, professeur à l’Université de Columbia, membre du Conseil d’administration de la banque centrale de Colombie estime quant à lui qu’à travers ce rapport, l’ONUDI rappelle au monde que l’industrialisation reste essentielle pour le développement économique. « Elle soutient que grâce à une productivité accrue et au développement de nouveaux secteurs de production, les technologies numériques offrent de considérables opportunités d’amélioration du niveau de vie et de durabilité environnementale », explique-t-il.

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