Face aux défis économiques et sociaux liés au COVID-19, l’emploi est désormais un enjeu prioritaire, devenu sécuritaire pour la majeure partie des pays de la planète. L’Afrique, notamment, est concernée au premier chef en raison de ses faiblesses structurelles (un million de jeunes arrivent chaque mois sur le marché́ du travail, mais seuls trois millions d’emplois sont créés chaque année dans le secteur formel) et de sa très forte croissance démographique (1,3 milliard d’habitants aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050, plus de 4 milliards en 2100).

Alors que tous les experts s’accordent à dire que « plus rien ne sera comme avant », quelles leçons le Maroc doit-il tirer de la pandémie ? Et quelles solutions innovantes le Royaume devra-t-il mettre en place pour sortir de la crise ?

À toutes ces questions, la fondation Jobs for Africa, par la voix de son président, Jamal Belahrach, apporte des éléments de réponse à travers un plaidoyer qui détaille 20 propositions concrètes pour rétablir la confiance, bâtir un contrat social efficient et créer des emplois durablement.

Fondée en 2016, en partenariat avec le Bureau international du Travail (BIT) et l’Organisation Internationale des Employeurs (OIE) , Jobs for Africa s’est appuyée sur toutes les ressources disponibles, auprès du HCP et d’autres organismes, pour tracer les voies devant permettre au Maroc de créer un nouveau cadre de progrès.

La fondation a dans ce cadre identifié plusieurs préalables à la sortie de crise. Parmis eux, la modernisation du dialogue social afin qu’elle soit l’outil principal de co-construction entre les parties prenantes, la compétitivité et l’emploi qui doivent être au cœur des échanges entre les entreprises et les partenaires sociaux, une administration plus agile, des politiques sectorielles plus cohérentes et législation du travail plus moderne.

Pour gagner en compétitivité et en pouvoir d’achat, mais aussi garantir une législation plus adaptée et une gouvernance plus efficace, Jobs for Africa propose un changement de paradigmes qui se traduit par des mesures fortes et inédites.

Au nombre de 20, ces solutions comprennent entre autres : l’instauration d’un SMIG à 3.500 DH sans charges sociales, la mise en place d’une TVA sociale pour compenser cette exonération, la suppression du ministère de l’Emploi au profit d’une agence dédiée à l’employabilité, la création d’une e-Anapec et d’une agence d’orientation professionnelle 2.0. dès le collège, l’établissement d’un contrat de travail unique, ou encore un plan de formation volontariste à destination de tous les demandeurs d’emploi.

La fondation propose également un cadre de débat par le biais d’un hackathon social qui réunira toutes les parties prenantes en vue de co-construire une politique de l’emploi au cœur du dispositif de contrat social. À l’issue de ce hackathon, une conférence sociale sera organisée pour acter la mise en œuvre et le pilotage de cette politique.

Commentant les propositions de la fondation Jobs for Africa, Jamal Belahrach, son président, a déclaré :

« Les enjeux post-crise que nous affrontons sont immenses. Ils nous obligent à sortir des dogmes et à imaginer des solutions nouvelles. Si nous voulons un nouveau modèle de croissance, nous ne pouvons plus faire l’économie d’un débat sans tabous, dans le cadre d’un dialogue totalement ouvert auquel doivent prendre part l’État, les entreprises, les partenaires sociaux, les collectivités et les citoyens eux-mêmes. Les mesures que nous proposons dans ce plaidoyer sont un premier pas pour poser les bases d’une nouvelle démarche économique et sociale. »

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