Le succès du projet de généralisation de la protection sociale, lancé mercredi dernier par SM le Roi Mohammed VI, passe notamment par le renforcement de la complémentarité des partenariats public-privé (PPP), a estimé l’universitaire Omar Hniche, vice-président de l’Université Mohammed V de Rabat, chargé des affaires académiques et estudiantines.

Cette complémentarité permettra de répondre aux besoins pressants de la population et à la demande qui va connaître une forte augmentation avec la généralisation de la protection sociale, a expliqué M. Hniche dans une déclaration à la MAP.

« Le lancement d’une réforme sociétale de grande ampleur portant sur la généralisation progressive de la protection sociale constitue l’un des faits marquants de l’année 2021 », a-t-il lancé, soulignant que ce chantier d’envergure nécessite plusieurs mesures d’accompagnement.

S’agissant du volet de la couverture sanitaire universelle, il exige impérativement la révision de textes juridiques à même de résoudre la principale difficulté liée à la définition du revenu forfaitaire sur la base duquel sera fixée la contribution au régime de protection sociale des différentes catégories concernées, a noté M. Hniche qui est également directeur du Centre interdisciplinaire de recherche en performance et compétitivité (CIRPEC).

Il s’agit aussi de bien préparer la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à bien gérer l’effectif important attendu des nouveaux inscrits et ce, en la dotant des ressources humaines et des mécanismes de gouvernance adéquats, a-t-il poursuivi, mettant l’accent sur l’importance de lancer l’expérience du Registre social unifié (RSU) et de mener une prompte refonte du système national de santé et de sa réhabilitation.

« Notre système national de santé et de couverture médicale est, en effet, encore marqué par un faible taux de couverture, d’efficacité et d’encadrement médical, outre une répartition géographique inégale », a déploré l’universitaire.

Pour développer ce dispositif, M. Hniche a préconisé une amélioration durable et une diversification de l’offre de soins, une politique innovante et attractive en matière de capital humain afin de faire face au manque de compétences, une forte digitalisation du système en vue de faciliter le suivi efficient des patients et une politique d’investissements viables (en qualité et en quantité) dans le domaine de la santé (lits supplémentaires, construction et modernisations d’hôpitaux et de cliniques, etc.).

Sur la question de « la pénurie » en ressources humaines de la Santé, il a souligné l’impératif d’augmenter le nombre de postes budgétaires alloués à la Santé, d’encourager la contractualisation avec les professionnels de santé, d’instaurer dans le système d’enseignement supérieur et de la formation professionnelle des cursus de formation innovants.

« Il est temps aussi d’ouvrir la pratique de la médecine aux compétences étrangères et d’encourager les médecins marocains installés à l’étranger à rentrer au Maroc.

Il a, à cet égard, insisté sur la mise en place d’une politique nationale permettant de motiver ces grandes compétences, dont le Royaume a vraiment besoin. « Attirer les investisseurs étrangers et encourager les établissements internationaux de santé à investir au Maroc sont, entre autres, des solutions qui permettent d’améliorer l’offre de soins et la compétitivité du secteur de la santé avec tous les transferts de technologies associés ».

Il s’agit de dégager les nouvelles conditions d’investissements recherchées par les établissements internationaux de santé et d’apprécier l’attractivité notamment des déserts médicaux dans le pays, dans une perspective de démocratisation et d’équité territoriale d’accès aux services médicaux, a fait remarquer M. Hniche.

« Il revient non seulement à l’Etat mais aussi aux collectivités territoriales, de favoriser aux investisseurs les meilleurs ressources et avantages nécessaires et de mettre en place de véritables politiques de promotion des territoires aboutissant au renforcement des facteurs d’attractivité », a-t-il renchéri.

Outre les cliniques et hôpitaux privés, les investissements dans le domaine de la santé peuvent couvrir d’autres filières de santé comme les médicaments et biotechnologies appliquées ou les équipements médico-chirurgicaux, a ajouté l’universitaire.

« En définitive, pour relever le défi de la couverture sanitaire universelle et l’ouverture à des compétences et des investissements étrangers, il est impératif d’accentuer les mécanismes de régulation dans le domaine de la santé », a-t-il recommandé.

Ce chantier de généralisation de la protection sociale bénéficiera dans un premier temps aux agriculteurs, artisans et professionnels de l’artisanat, aux commerçants, professionnels et prestataires indépendants soumis au régime de contribution professionnelle unique (CPU), au régime de l’auto-entrepreneur ou au régime de la comptabilité. Il devra s’étendre, dans un second temps, à d’autres catégories dans la perspective de la généralisation effective de la protection sociale à tous les citoyens.

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