En termes de gestion du stress hydrique l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), fleuron incontesté de l’industrie marocaine, fait preuve d’un leadership exemplaire. S’appuyant sur des procédés innovants, le groupe priorise désormais les sources non conventionnelles pour satisfaire ses besoins en eau.

Si la sécheresse sans pareille que traverse le Maroc a mis plus que jamais au-devant de la scène, la problématique de l’eau, le Groupe OCP peut alors se targuer d’une démarche avant-gardiste en la matière. En effet, le géant du phosphate n’aura pas attendu la déferlante en cours pour se pencher sur cette question épineuse et stratégique de la disponibilité des ressources hydriques.

En effet, dès l’entame du 21e siècle, le fleuron mondial de l’industrie minière avait déjà cerné les enjeux économiques et environnementaux liés à cette ressource précieuse. Si bien qu’en l’espace d’une décennie, le phosphatier a déployé deux stratégies majeures ; la première éponyme, “Stratégie Eau“ mise en œuvre en 2008 ; à laquelle a succédé le programme “Economie circulaire“, entré en lice en 2017.

“Stratégie Eau“ ou une innovation audacieuse

Il faut le dire, cette stratégie a été une belle entrée en matière pour Mostafa Terrab, le président directeur général actuel. Arrivé aux commandes 2 ans plus tôt, l’homme va clairement afficher ses intentions à travers cette politique concoctée dans le plus grand des secrets. Avec “Stratégie Eau“, l’ambition était de relever le défi d’une croissance industrielle durable, qui répond en même temps à l’enjeu de sécurité alimentaire mondiale, tout en préservant l’environnement et les ressources hydriques. Pour ce faire, trois objectifs majeurs avaient été définis, à savoir rationaliser l’utilisation de l’eau sur l’ensemble de la chaine de valeur ; mobiliser des ressources en eaux non conventionnelles : eaux usées urbaines épurées et eaux de mer dessalées ; et embrayer sur l’innovation, la recherche et le développement.

Si la capacité d’eau dessalée atteint déjà les 33 millions de m3, elle devrait être portée à 130 millions m3/an avec les extensions en cours

Parmi les nombreuses initiatives menées dans ce cadre, on pourrait énumérer le recyclage de près de 80% de l’eau dans les laveries, le Slurry Pipeline reliant Khouribga à Jorf Lasfar, qui permet une économie de 3 millions de m3 d’eau par an, la réduction d’environ 25% de la consommation en eau douce dans les sites de transformation industrielle.

Lire aussi – OCP : 2022, une année exceptionnelle pour le Groupe

Poursuivre la révolution avec le Programme Economie Circulaire

Fort du succès rencontré par cette première stratégie, OCP va revoir ses ambitions à la hausse avec le Programme Economie Circulaire créé en 2017. Ainsi, il s’agit pour le Groupe, via ce Programme, de satisfaire 100% de ses besoins en eau à partir de ressources en eaux non conventionnelles, « et ce dès 2026 », a annoncé le Groupe de source officielle. Une perspective qui a mis au cœur des priorités de l’OCP, « la réutilisation des eaux usées épurées des villes avoisinant ses sites miniers, la récupération d’un maximum d’eau à partir des boues de lavage, le traitement des pistes de camions et la recherche continue de procédés moins consommateurs d’eau au niveau de la transformation industrielle », comme elle l’a récemment fait savoir par voie de presse.

Traitement des eaux usées et dessalement au menu fretin

C’est certain, pour réussir ce chantier titanesque, Mostafa Terrab peut compter sur son équipe d’ingénierie, qui ne manque pas d’ailleurs pas d’ingéniosité, et d’un partenaire de choix qu’est JESA. Les efforts conjoints ont permis la mise en place de plusieurs Stations d’épuration des eaux usées (STEP) dans les villes minières de Khouribga, Benguérir, Youssoufia qui ont permis de porter la réutilisation industrielle des eaux usées à 10 millions de m3. Dans cette veine, le Groupe a déclaré que bientôt, « les eaux usées de 6 autres villes se verront également réutilisées par le Groupe, à savoir : Kasbat Tadla, Fquih Ben Saleh, Beni Mellal, Safi, Marrakech et Marsa ».

En plus des eaux usées, les équipes de l’OCP sont à fond dans le dessalement de l’eau de mer pour couvrir la totalité des besoins additionnels requis par son programme de développement industriel. De Jorf Lasfar à Laâyoune, les usines de dessalement atteignent une capacité annuelle de 33 millions de m3. Ajoutons à cela les extensions prévues sur ces deux sites et les autres stations en construction, dont celle de Safi, le volume d’eau dessalée dans les usines du fournisseur mondial d’engrais devrait avoisiner les 130 millions de m3/an.

Pour relever ce défi d’autonomie en eau, l’OCP n’hésite pas à délier les cordons de sa bourse : des investissements de 3,5 MMDH ont déjà été réalisés, et 7 MMDH de plus sont prévus

OCP : Des moyens colossaux mis en œuvre

Un bel exploit qui a pu être possible grâce à la place prépondérante accordée à l’innovation et à la R&D dans la stratégie de croissance du Groupe OCP. S’appuyant sur ses partenariats universitaires (avec l’Université Mohammed VI Polytechnique notamment), des technologies de traitement, ainsi que des solutions disruptives d’optimisation, visant bien entendu l’eau ont été développées. Par ailleurs, en termes de résultat, les indicateurs sont, pour le moins satisfaisant, avec un taux d’utilisation des eaux non conventionnelles qui, de 3% en 2010, est passé à 30% depuis 2018. Rappelons que l’objectif de Terrab est de couvrir, avec ces eaux, 100% des besoins industriels en eau, d’ici 2026.

Pour relever ce défi d’autonomie en eau, l’OCP n’hésite pas à délier les cordons de sa bourse. Si déjà plus de 3,5 milliards de dirhams ont été mobilisés pour son programme eau, le champion mondial du phosphate a annoncé des investissements supplémentaires de l’ordre de 7 milliards de dirhams.

Autant dire que Mostafa Terrab et ses équipes ont eu une longueur d’avance, au moment où la raréfaction de l’eau crée la psychose. Pour avoir été visionnaire, le Groupe qui a mis en place un schéma directeur pour parvenir à une autonomie durable de ses besoins en eau, peut tranquillement voguer vers de nouveaux défis de durabilité pour accroître sa compétitivité et maintenir sa durabilité.

Frère John

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here