Les impacts socio-économiques du développement de l’hydrogène vert, ont fait l’objet d’un axe de réflexion subdivisé en quatre ateliers thématiques.

Le premier de ces ateliers a débattu de ses perspectives économiques, cas fait du Maroc. D’entame, le modérateur Amin Bennouma, expert en énergie, a indiqué que « L’hydrogène ne changera pas certes la sociologie du monde, comme l’on fait la télévision et le téléphone portable, mais doit changer la physionomie du travail ».

Rappelant le contexte dans lequel se situe la montée du marché de l’hydrogène vert, Sabrine EMRAN, économiste en énergie intervenant au Policy Center for the, a indiqué que « le Maroc a dévoilé pour la première fois, une feuille de route en matière d’hydrogène en 2021 ». À l’en croire, cette feuille de route repose sur 3 axes essentiels : la technologie, les investissements et le marché. « Les mécanismes qui peuvent être mis en place sur l’aspect financier doivent tenir compte des sources de financement traditionnelles, la collaboration, notamment avec des acteurs étrangers, des investissements étrangers, des mécanismes adaptés, la gestion des risques et une vision sur le long terme.

Sur le sujet : Enjeux et opportunités géopolitico-commerciales au centre des échanges

Pour en venir aux impacts liés au développement de l’hydrogène, elle a énuméré la création d’emploi, le développement des compétences, la sécurité énergétique, les bénéfices environnementaux, le développement des infrastructure et l’attraction d’investissements privés.

De son côté, Ruchi Gupta, Chercheure Senior R&D – VITO NV, a entretenu l’auditoire sur une analyse macro-économique des input-output issus du l’industrie de l’hydrogène vert. Au cours de cette intervention, elle a donné des éclairages sur les impacts de l’hydrogène vert sur la création d’emploi, la croissance du PIB et la réduction des émissions. Toutefois, ces avantages ne pourront être viables qu’à la seule condition d’une production locale des moyens de production, plus précisément les équipements et les compétences.

Hydrogène vert : Avantages et inconvénients

Le second atelier a lui questionné l’avantage et les inconvénients de l’hydrogène vert. Libellé sous le thème « Impacts sécuritaires et environnemental », l’atelier a mis en scène trois experts, dont le modérateur. Ce dernier, nommé Abderrahim Ben Elhireche, est directeur des opérations énergétiques à Worley/JESA. Il est à retenir des discussions qui ont eu lieu dans cet atelier que la redistribution des richesses est le premier avantage que les populations des zones d’exploitation de l’hydrogène vert peuvent obtenir. À cela s’ajoutent d’autres bénéfices tels que la création d’emploi, la préservation de l’environnement, etc.

Toutefois, le développement de l’hydrogène vert recèle quelques inconvénients, au nombre desquels la tension sur les ressources en eau.

Pour atténuer ces facteurs indésirables liés au développement du Green H2, la formation des compétences doit mobiliser les ressources de toutes les parties prenantes. À commencer par les pouvoirs publics et les gouvernants. Il leur incombe de mobiliser les ressources nécessaires au développement des compétences et définir un cadre réglementaire incitatif. Les collaborations universitaires sont aussi une voie à explorer. Comme c’est le cas avec l’UM6P.

Ont intervenu dans ce panel, Nasma Jirondi, Experte en développement durable au sein de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, et Souad Lalami, Responsable ESG et Climat à PwC Maroc.

Renforcement des capacités

Le troisième atelier s’est articulé autour de la formation et du renforcement des capacités. Il ressort que déjà des formations ont déjà cours au Maroc en vue de préparer des compétences. En présentiel comme en ligne. Certaines de cs formations portent sur les notions de base sur les sources renouvelables dont l’hydrogène vert. De nombreuses institutions à l’international comme localement proposent des programmes dans ce sens.

Lire aussi- World Power-to-X Summit : 5 conventions signés pour le développement de l’hydrogène vert

Cet atelier modéré par Hatim Ksissou, Responsable des composants verts à GIZ, a enregistré la participation de Oleg Ditkovskiy, Responsable thématique à Science & Innovation, et Pr Salah Al-Majeed, Doyen de la Faculté de Science et d’Ingénierie à l’université Al Akhawayn.

La gouvernance

Enfin, le dernier atelier a eu pour thème « la gouvernance de l’hydrogène vert ». Objectif, identifier des modèles à mesure d’assurer un développement responsable et inclusif de l’hydrogène vert. Intervenant à distance sur le sujet, la directrice de Planète propre et membre de la Commission Européenne, Rosalinda VAn Der Vlies, a mis en relief 4 logiques clés. Une stratégie claire et ambitieuse, un cadre réglementaire les investissements et la coopération internationale. À l’en croire, l’Europe est en ce moment engagée dans l’élaboration d’un cadre réglementaire embrassant ces diverses exigences.

Pour Nacif Safouane de l’Institut mondial pour la croissance verte, une gouvernance efficace implique la coordination et le développement d’une politique, une collaboration internationale. Selon lui, force est de reconnaitre que le cadre réglementaire approprié reste un réel challenge. Car, selon ses explications, l’hydrogène vert et ses dérivés exigent d’adopter des lois et des mesures spécifiques. Par ailleurs, les intervenants ont souligné l’importance d’inclure, dans ces lois, des clauses qui favorisent le développement de partenariat public privé, et la finance carbone. Un autre point à ne pas négliger serait également de stimuler les collaborations à l’international.

Lire aussi : La session de haut niveau insiste sur l’urgence de passer à l’action

Avis partagé par Alex HEWITT, Co-fondateur et CEO de CWP Global, qui a corroboré en indiquant : « il doit avoir une articulation entre la vision politique dans laquelle le pays est engagé, et les ambitions en termes d’énergie renouvelable, notamment l’hydrogène vert ». Selon lui, toute réglementation efficace en matière d’hydrogène vert doit respecter le triptyque : simplicité, transparence, durabilité. « Ce qui n’est vraiment pas le cas en ce moment », a-t-il conclu.

Ce dernier atelier a été modéré par Amine El Kabbaj, directeur communication au sein de l’Institut Amadeus.

Frère John

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here