Une «ceinture noire» de la performance industrielle nous livre sa recette du succès

0
1369

Coup sur coup, notre invité s’est vu distingué à la fois par son groupe, Faurecia, puis par son principal client, PSA Peugeot-Citroën pour l’excellence de l’usine qu’il dirige en Slovaquie. Mohammed Mazoir livre à industrie du maroc sa recette du succès industriel et revient sur ses expériences au service de son pays.

Idm: Quel est le secret de votre succès à la tête de votre unité? mohammed mazoir : nous avons mis le capital humain au centre de nos préoccupations. nous sommes conscients que notre personnel constitue la principale richesse de l’entreprise. l’industrie automobile est très exigeante en terme de qualité; de délai (notre usine travaille en Jat: Juste a temps) et de coût pour permettre à notre client d’avoir un avantage concurrentiel. Mais, ce succès n’est pas le mien; c’est avant tout le succès de toutes les équipes de l’usine qui travaillent dur tous les jours pour s’améliorer et améliorer nos performances. ceci est également grâce au support incontournable fourni par les équipes basées au siège de notre division Sud europe à audincourt en France. enfin, cette usine a été construite depuis plus de 10 ans maintenant par Monsieur laurent de lustrac, notre actuel Vice- Président avec la vision déterminée d’avoir une usine performante. aussi, mes prédécesseurs ont, chacun à sa manière, apporté leur contribution à l’édifice, en particulier mon compatriote Monsieur Abdelaziz Raissi.

Comment qualifiez-vous votre mode de management?: Pour avoir longtemps travaillé comme expert de l’excellence opérationnelle et de l’amélioration continue, je suis bien placé pour savoir que ce n’est pas toujours le manager qui a les meilleures idées. Il faut impliquer tous les salariés dans la recherche des meilleures idées d’amélioration. Bien évidemment, il faut que la vision soit claire et partagée par l’ensemble des salariés, et que chacun sache exactement qu’elle sera sa contribution pour l’atteinte de cette vision. Donc, le mot d’ordre est de donner le maximum d’autonomie à tous les niveaux de l’entreprise. cela se fait bien évidemment en cohérence avec notre système d’excellence Faurecia (FES) dont la participation à son déploiement sur plusieurs usines était ma première mission au sein de Faurecia sous la responsabilité de Monsieur Georges dalle, avant d’être promu au poste de directeur d’usine sur sa recommandation en plus de la confiance du directeur des opérations Sud europe Monsieur Pierre langle, mon actuel Manager. Ma vision pour notre usine se résume en trois points: prendre soin de nos employés, prendre soin de nos clients et créer durablement de la valeur pour notre groupe. Si vous posez la question à n’importe quel salarié de l’usine, il vous répétera au mot près cette vision. De plus, il saura vous décrire exactement sa contribution ou la contribution de son équipe pour l’atteinte de cette vision. Nous avons des mesures régulières qui nous permettent de partager les résultats obtenus, fêter nos succès et apprendre de nos points d’amélioration. C’est ainsi que nous avançons tous les jours et que nous relevons les défis qui se présentent à nous.

Comment intégrez-vous les spécificités culturelles des ressources humaines locales dans votre mode de management?: J’ai bénéficié à mon arrivée d’une formation interculturelle pour prendre conscience des spécificités culturelles locales en Slovaquie. Mais, au-delà de ces spécificités culturelles, le plus important à mes yeux est la confiance et le respect mutuel qui s’installe entre Manager et collaborateurs. J’ai expliqué clairement que ma mission principale consistait à installer un bon climat social pour rendre chaque salarié fier de travailler pour notre usine. J’ai également expliqué que nous devons développer notre usine et la rendre encore plus performante afin que notre groupe et nos clients continuent à nous faire confiance en attribuant de nouveaux projets majeurs et stratégiques. Les salariés slovaques sont fiers de travailler pour de grands groupes ; apprennent vite et s’adaptent rapidement aux exigences de l’industrie automobile. De plus, la Slovaquie jouit d’une situation géographique au cœur de l’europe. C’est pour cela que plusieurs constructeurs automobiles s’y sont installés.

Quelle contribution avez-vous apporté à l’usine modèle en excellence opérationnelle au maroc, Inmaa? :Ce projet, qui a été porté par l’ancien ministre de l’industrie Ahmed Réda Chami, visait à accompagner les entreprises marocaines dans la mise en place des outils de l’excellence opérationnelle. J’ai donc participé à la formation des personnes recrutées ; la définition du programme d’accompagnement et le lancement de la première et deuxième promotion d’une quinzaine d’entreprises. Les résultats étaient très intéressants et très prometteurs comme en témoignent les dirigeants des entreprises ayant participé au programme à l’époque. J’espère que cela va continuer.

Quels sont les points clés pour la performance des unités industrielles au maroc, à l’exemple de l’usine Inmaa? Le Maroc jouit d’une position géographique très avantageuse en étant la porte d’entrée pour l’afrique et le contour méditerranéen. La population est jeune et les diplômés des écoles sont de plus en plus nombreux. Les entreprises s’y installent pour toutes ces raisons, mais aussi pour bénéficier du faible coût de la main-d’œuvre. Il faut prendre conscience que ce dernier avantage ne sera pas durable dans le temps et qu’il faut donc travailler à améliorer la productivité de la main-d’œuvre marocaine en développant les formations, en valorisant davantage la formation professionnelle et en inculquant une éducation autour de la méritocratie. Les managers marocains ont montré leur capacité à gérer de grandes entreprises. Il faut que cela puisse continuer à l’avenir.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes managers et/ou aux jeunes entrepreneurs dans l’industrie pour un parcours réussi, et pour atteindre des résultats performants? Le point clé est de savoir ce que l’on souhaite faire avec une vision très claire. Beaucoup de jeunes se lancent dans des aventures sans savoir exactement à quoi ressemble le métier vers lequel ils s’orientent. L’orientation a donc un rôle important, il ne faut pas hésiter à aller vivre la vie d’une personne occupant un poste similaire pendant une journée ou plus. Une fois on est sûr de ce que l’on souhaite faire, Il faut tracer la trajectoire pour savoir comment on va y arriver. Il n’y a pas de recette miracle mais il faut aimer ce que l’on fait; se donner les moyens pour y arriver et surtout ne pas croire que c’est facile. La vie est faite de succès et d’échecs qui nous font grandir. Il faut s’armer de patience; être ouvert à l’écoute et à l’apprentissage rapide (on the fly). Enfin, le monde est fait de plus en plus d’incertitude. Le temps où l’on disposait de tous les éléments pour pouvoir décider est révolu. Il faut savoir composer avec l’incertitude et l’ambiguïté; cela devient de plus en plus important. Enfin, j’espère à tous plein de succès. Soyons optimistes; ayant confiance et croyons en notre capacité à réussir et à relever les défis.

PARTAGER

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE