Entretien avec Jean-Luc Roisin, Administrateur gérant à Benefik sprl et Membre du conseil d’administration BEMAS

0
795

«La maintenance et l’Asset Management, bien structurés, participeront activement au progrès, à l’économie d’énergie, au développement durable et au respect de l’environnement.»

Présentez-vous…
Je suis Jean Luc Roisin, Ingénieur Civil (UCL) et détenant d’un MBA de Solvay Business School. Après 30 années de carrière dans l’industrie (ABB, Alshom, Cegelec, Messer E Castolin), j’ai œuvré en tant qu’Interim Manager indépendant, dans le domaine de l’implémentation de Stratégies de Maintenance et d’Asset Management. Actuellement, j’occupe aussi le poste de trésorier de la BEMAS et actif développeur du rayonnement de l’association dans les zones francophones, et ce depuis une quinzaine d’années.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les activités de la BEMAS et votre rôle en son sein ?
Fondée depuis une bonne vingtaine d’années et forte de 700 membres belges, la BEMAS est une Association belge de Maintenance, qui est affiliée à l’EFNMS, l’association européenne des fédérations de maintenance. Aussi, la BEMAS constitue un large réseau d’exploitants et d’experts actifs dans le domaine de la maintenance et représente un pont vers l’excellence en management de la maintenance et de l’Asset Management, c’est-à-dire le management des actifs intégrant des équipements depuis leur investissement jusqu’à leur fin de vie.
Par ailleurs, l’association soutient tous ses membres par l’organisation de séminaires et conférences ayant pour objet tant la veille technologique que l’information de base et les techniques de stratégies de maintenance les plus avancées. Plus de 100 événements sont donc organisés annuellement.
Concernant mon rôle dans l’association, j’agis en tant que trésorier ce qui consiste à confirmer au conseil d’administration le respect de l’équilibre financier de l’organisation.
Je suis également particulièrement actif quant au développement du réseau au travers des zones francophones du pays ainsi que des liens avec d’autres pays francophones.

Quelles sont les innovations développées par la BEMAS ?
Jean-Luc Roisin : Afin de faire face au manque crucial de techniciens spécialisés en Maintenance, la BEMAS développe nombre d’activités à la faveur d’écoles d’ingénieurs et techniciens afin de leur ouvrir les yeux sur les potentialités d’emploi intéressantes offertes par le secteur et tordre le cou aux idées reçues laissant penser que la maintenance est sale et ne s’exécute que les mains dans le cambouis !
Aussi, le développement de plus en plus large de « l’industrie 4.0 » amène la BEMAS à démystifier le concept et de promouvoir les stratégies de maintenance innovantes qui y sont associées. À l’International, la BEMAS, forte de toutes ses compétences tant technologiques qu’organisationnelles participe à de nombreuses études dans le marché de l’Asset Management et des Stratégies de Maintenance.
L’association Européenne EFNMS a mandaté la BEMAS pour la 2ème fois d’organiser la conférence biennal EUROMAINTENANCE. L’édition 2018, nommée EUROMAINTENANCE 4.0 prendra place du 24 au 27 septembre à Anvers (Belgique) et consistera en une centaine de conférences en 7 séances parallèles, d’une vingtaine d’ateliers et d’une exposition avec des innovations en maintenance et fiabilité.

Qu’en est-il de l’avenir du secteur de la maintenance et comment voyez-vous son évolution ?
Selon une vaste étude, financée par la commission européenne à laquelle plusieurs organisations internationales ont participé, dont une majeure partie fut synthétisée par la BEMAS : 44% d’actifs industriels seront qualifiés « fin de vie » avant 10 années et 91% prévoient tant un remplacement pur et simple, qu’une prolongation de leur durée de vie ou une continuation assortie d’une modification du processus.
L’on y perçoit un large éventail d’opportunités dans le cadre de l’Asset Management.
Toujours selon cette étude, ayant comparé l’une à l’autre et par secteur d’activité, les différentes sociétés ont présenté des différences importantes quant aux critères principaux de performance comme :
– Le coût de la maintenance rapporté au coût de remplacement des équipements
– La disponibilité technique des outils
– Le niveau de fiabilité sécuritaire
– La qualité des produits minima relatés aux produits rebutés.
Par conséquent, appliquer des stratégies de maintenance avancées sont porteuses de projets d’avenir, prometteurs de rentabilités accrues.

À ce titre, on entend parler de plus en plus de nouveau concept tel que la « maintenance 4.0 ». De quoi s’agit-il ?
En effet. Nous pouvons considérer les révolutions industrielles au cours du temps comme suit : Industrie 1.0 ou l’utilisation de la machine à vapeur, Industrie 2.0 ou la mise en œuvre de l’électricité), Industrie 3.0 avec l’avènement du computer et actuellement l’Industrie 4.0 avec l’apparition commerciale de l’internet.
De ce fait, l’Industrie 4.0 est la concrétisation de l’utilisation de la connectivité et de l’enregistrement de paramètres dans les processus industriels, depuis plusieurs années déjà bien sûr. Néanmoins, aujourd’hui, nombre de progrès se succèdent :
– Les acquisitions de données et les systèmes de supervision évolués.
– L’utilisation plus large dans le domaine de la maintenance, permettant des diagnostiques de plus en plus précis !
– Les possibilités d’acquérir et stocker un plus grand nombre de données Phénomène appelé communément « big data ».
– Les recherches opérationnelles de corrélations entre modifications de paramètres et risques de pannes.
– Le développement affirmé de la maintenance prédictive.

Un dernier mot ?
Pour finir, je dirai qu’il faut jouer l’équipe en recherche d’expertise. Rejoignez la BEMAS, partageons nos compétences … !
J’appelle également à la participation à EUROMAINTENANCE 4.0. Cette conférence offre une opportunité unique d’apprendre comment les usines transforment actuellement leur façon de faire la maintenance grâce à l’application des technologies disruptives. Naturellement la conférence a également programmé plusieurs ateliers et présentations sur les bases essentielles et bonnes pratiques de la maintenance, de la fiabilité, et de la gestion des actifs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here